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Article mensonger sur le site Le Monde: la thèse du coup d’État se confirme

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Après l’affaire du photomontage du site Internet de la présidence de la République du Cameroun, le quotidien français Le Monde s’invite dans le complot de déstabilisation du régime de Biya à travers un article vindicatif, plusieurs fois revu et corrigé.

L’actuel séjour privé du chef de l’État camerounais à l’étranger est l’occasion de toutes sortes de fantasmes. Tout le long de la semaine dernière, c’était le scandale du photomontage sur le site Internet de la présidence de la République, montrant Paul Biya devant les dépouilles des 39 soldats morts sur le champ d’honneur, qui a alimenté la polémique. Et, alors que l’affaire intrigue encore dans les chaumières, Un sous-site du journal Le Monde (en l’occurrence Le Monde Afrique), nous livre, en l’espace de 24 heures, un contenu relatif à la santé du couple présidentiel, publié sur la toile et plusieurs fois retouché. Première coïncidence : comme dans l’affaire du piratage du site de la présidence, là aussi, c’est l’image du chef de l’État qui est attaquée. Deuxième coïncidence : la célérité avec laquelle l’image de Paul Biya a été modifiée sur le site de la présidence du Cameroun est la même que dans le cas de la version en ligne du texte du journal Le Monde.

Dans les faits, il convient de relever que la première version en ligne, publiée vendredi 13 mars, informe, à travers un article non signé, que la première dame n’a pas accompagné son époux en Suisse. La publication de ce jour précise que Chantal Biya «était partie du Cameroun quelques jours avant Paul Biya, à destination de la France où elle suit des soins à l’hôpital américain de Neuilly en 2013». Et le journal de préciser que le président camerounais, quant à lui, «hésiterait à subir une opération chirurgicale envisagée par les médecins».

Le lendemain, coup de tonnerre : le même article (toujours non signé) change. Cette fois, on apprend que «le couple présidentiel est descendu à son habitude au luxueux hôtel Intercontinental, non loin du siège des Nations unies, entre la ville et l’aéroport de Genève». En réalité, fait-on remarquer, le texte a changé de titre à trois reprises. La première mouture était intitulée : «Cameroun: le couple présidentiel s’exile pour raisons médicales». Il est devenu, le même jour : «Cameroun : le couple présidentiel hors du pays et en mauvaise santé». Le lendemain, ça devient : «Cameroun : le couple présidentiel est à Genève et s’occupe de sa santé».

Selon nos sources, s’étant aperçu de plusieurs contrevérités dans son texte initial, notamment l’affirmation selon laquelle le couple présidentiel s’était déplacé séparément, ou encore sur la scolarisation des enfants Biya, Le Monde (Afrique) a rapidement voulu changer le fusil d’épaule. Mais le mal était fait.

Un complot perpétuel.

Plus que confus, les journalistes du quotidien français ont voulu s’amender en jouant avec les mots. Peine perdue. Pour de nombreux observateurs, il y avait visiblement une intention malveillante. Des témoins oculaires de l’embarquement du couple présidentiel pour un séjour privé en Europe, le 1er mars dernier à l’aéroport international de Yaoundé-Nsimalen, avaient pourtant montré un homme et son épouse pétillant de forme. Rien à voir avec les descriptions morbides du site d’un journal pourtant considéré comme une référence en matière de crédibilité et de respect de l’éthique. Pas un support voué aux fantasmagories de toutes sortes.

Autre remarque, le fait même que l’article n’est pas signé, dans un journal réputé sérieux comme Le Monde, dénote d’une claire stratégie de manipulation de l’opinion publique. Il n’a certainement pas échappé, aux observateurs avisés, que dans l’affaire du photomontage du site de la présidence camerounaise, le quotidien français faisait partie de ceux qui, les premiers, diffusèrent la fausse image montrant Paul Biya en train de se recueillir devant les dépouilles de 39 de ses soldats tués par les obscurantistes de Boko Haram.

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Dans certains milieux politico-mondains, aussi bien au Cameroun qu’en France, ils sont de plus en plus nombreux à voir la main criminelle d’activistes de tout poil décidés à en découdre avec le régime de Yaoundé. Et les tergiversations du Monde, sur la santé du couple présidentiel, participe de ces manœuvres planifiées par des activistes -dont certains seraient dans l’entourage du président- destinées à dérouter les Camerounais en ce moment concentrés sur la défense de leur territoire contre des fondamentalistes. Il est également étonnant que pendant que les corps diplomatiques accrédités au Cameroun font des comptes rendus à leurs chefs d’État sur le sujet comme sur bien d’autres, les ambassades du Cameroun à l’étranger affichent plutôt une inertie regrettable, à la limite suspecte.

Depuis l’incarcération de Marafa Hamidou Yaya et le dénouement du procès Yves Michel Fotso, d’aucuns y voient également la main d’«éperviables» et autres présidentiables déclarés ou non, faisant partie de l’actuel gouvernement, qui n’arrêtent pas de s’agiter pour enterrer Paul Biya vivant. Et c’est malheureusement l’image du journal Le Monde qui prend un sérieux coup, lui qui a fait preuve d’une légèreté affligeante, s’agissant d’un sujet aussi délicat que la santé d’un chef d’État et de son épouse. «Cela trahit une sorte de complot du Quai d’Orsay, par presse interposée, contre le pouvoir de Yaoundé au moment où le pays de Paul Biya inspire confiance, à l’intérieur comme à l’extérieur, explique un fin analyste. On a envie de dire que c’est une histoire de fou, car Paul Biya subit régulièrement des check-up dont les résultats sont toujours satisfaisants. S’il y a des malades dans cette affaire, on pourrait dire que c’est plutôt le journal Le Monde qui mérite d’être conduit à l’hôpital et non le chef de l’État camerounais. Cette affaire pue la manipulation, et on voudrait bien comprendre ce que vient faire la première dame dans tout cela. Parler de l’intimité de Chantal Biya, fut-elle femme publique, n’est-ce pas accréditer la thèse du complot inspiré par des pyromanes en mal de sensationnel?»

Un homme en superforme.

L’histoire de Paul Biya, c’est finalement celle d’un parcours parsemé d’anecdotes. Et chaque fois qu’une rumeur l’a donné pour mort, il est revenu sur le devant de la scène plus pétillant encore. Qui a en effet oublié de sa réplique à une journaliste française sur sa longévité au pouvoir ? En effet, en marge d’un tête-à-tête avec son homologue François Hollande, le 30 janvier 2013 à Paris, Paul Biya, avec son humour légendaire, a lancé : «Ai-je l’air si fatigué ?». Avant de conclure que non seulement il n’était pas éternel, mais qu’en plus il ne détient pas le pouvoir par la force : «Une immense majorité de Camerounais m’ont fait confiance.»

En juin 2004, une folle rumeur, venue de nulle part, fait le tour du pays en quelques minutes : Paul Biya est donné pour mort en Suisse. Lorsqu’il foule le sol de Yaoundé, debout, en chair et en os, il se charge lui-même de rabattre le caquet aux manipulateurs : «J’étais en visite privée en Europe. J’ai appris comme tout le monde que j’étais mort. Il paraît qu’il y en a qui s’intéressent à mes funérailles. Eh bien, dites-leur que je leur donne rendez-vous dans une vingtaine d’années.»

À Genève, où il se trouve en ce moment, des sources dignes de foi décrivent un Paul Biya plutôt serein, se penchant, bien qu’en séjour privé, avec assiduité sur les grands dossiers de l’heure qui ont trait, apprend-on, à la formation des bureaux du parlement -Assemblée nationale et Senat- à la réorganisation du gouvernement, à l’économie, à une éventuelle révision de la constitution et surtout à la sécurité contre les forces obscurantistes qui multiplient des attaques dans les frontières à l’Extrême nord et l’Est du pays.

Avec le photomontage sur le site «prc.cm», il était question de provoquer le mécontentement des forces de sécurité. C’est raté. Avec la supposée maladie de Paul Biya et de son épouse, il s’agissait cette fois de provoquer la psychose au sein de l’opinion nationale quant à la capacité de Paul Biya de continuer à diriger le Cameroun. Encore loupé. Le plus malheureux, c’est quand un journal réputé sérieux se mêle à ces grotesques manipulations. À qui profite le crime ? Qui, au sein du système, s’amuse avec le moral des Camerounais et la paix sociale du pays ? Quelle est cette force occulte qui s’agite dans l’ombre ? C’est certainement le moment d’en appeler à la plus grande vigilance de l’opinion publique nationale, face à des tentatives insurrectionnelles, par médias interposés, qui risquent de se multiplier dans les semaines à venir.

René Atangana

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