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Arnaque aux recrutements : comment un réseau est tombé

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Le gouverneur du centre a fait fermer deux entreprises qui promettaient 51500 emplois à des jeunes. L’histoire de cette vaste arnaque a été dévoilée lundi. Le gouverneur de la Région du Centre a instruit la police la fermeture des entreprises Cib Ca2 Me et Reso Futuris et l’interpellation de leurs responsables respectifs : Christophe Eba Nkolo et Cyril Ekwala , dans l’ordre. Si Cyril Ekwala a été arrêté lundi par les éléments du commissariat du 1er arrondissement de Yaoundé, les policiers du 10ème arrondissement n’avaient pas pu mettre la main sur Christophe Eba Nkolo probablement en fuite.

Le gouverneur intervenait alors que les deux complices s’étaient refusé à cesser les activités d’arnaques sur les chercheurs d’emplois. La délégation régionale du ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle pour le Centre leur avait fait l’injonction d’arrêter leur activité crapuleuse, en pure perte. Elle les accusait de faire miroiter à ces chercheurs d’emplois des postes de travail dans un projet fictif en leur extorquant de l’argent, alors que selon le code du travail l’opération de recrutement est gratuite. Les suspects ont poursuivi tranquillement leur affaire.

Les fonctionnaires la délégation du Minefop avaient pourtant découvert leur fabuleuse arnaque. Ils agissaient dans le cadre de la mission du suivi du placement de la main d’oeuvre qui leur est dévolue et n’ont eu aucun mal à établir la rapine. Tout a commencé le 26 mai 2015. Un opérateur économique ayant bureaux au quartier huppé de Bastos à Yaoundé ouvre une entreprise. La Cib Ca2Me, lance le projet : « Champs-Emplois pour l’émergence (Che2C ». Une vaste campagne de recrutement se met aussitôt en branle. La communication est utilisée à tout va. Les promoteurs paradent sur les plateaux d’émissions irréprochables d’illustres émissions de la chaîne nationale. Ils promettent « le recrutement de 11.500 employés permanents et 40.000 ouvriers champêtres et stagiaires. Le personnel de la délégation du Minefop est intrigué de ces prétentions et suit l’affaire discrètement. Il découvre que le porteur du projet s’appelle Christophe Eba Nkolo.

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Il a associé Cyril Ekwala promoteur de l’entreprise Reso Futuris qu’il a chargé de procéder à l’opération de recrutement. L’entreprise de ce dernier a la prétention d’être spécialisé en recrutement et placement de main d’oeuvre. Cyril Ekwala va faire lien entre les postulants aux recrutements et l’entreprise de Christophe Eba Nkolo.L’activité se déroule au centre de formation professionnel Likalo situé à la rue Ceper de Yaoundé face à l’école privée les Chérubins. Le fait que le centre Likalo soit agréé par le Minefop conforte les fonctionnaires de la délégation dans les investigations qu’ils ont entreprises entre temps. Ils peuvent poser facilement des questions et ne s’en privent pas.

Des réponses qui leurs sont faites, ils constatent que, l’entreprise Cib Ca2 Me, prétend avoir noué des partenariats avec le Minefop, d’autres départements ministériels et certaines collectivités territoriales décentralisées, sans ue les promoteurs ne puissent fournir de preuve aux enquêteurs. L’entreprise sensée utiliser 51.500 employés ne monte non plus l’existence des unités de production susceptibles de les accueillir. Reso Futuris n’est pas agréée par le Minefop comme office privé de placement de la main d’oeuvre e non plus comme entreprise de travail temporaire. Le siège de Reso Futuris était logé dans les locaux de Likalo qui est agréé par le Minefop pour donner une onction étatique à l’opération.

Mais, ce qui fait se dresser les cheveux sur la tête ce sont les « frais supplémentaires » hormis les frais mentionnés sur la fiche de 3.000Fcfa dont devaient se prémunir chaque postulant au recrutement. Il fallait en sus acheter une fiche de renseignement à 500 FCfa, payer 1500FCfa de frais de Photos, 2.000FCfa de frais d’authentification des diplômes, 4.000 FCfa des frais d’étude de dossier. Ces sommes étaient à verser contre reçus au projet. Pour mieux appâter des postulants la fiche de renseignement une fois payée leur annonçait des salaires mirobolants. De 30 à 600 mille FCfa selon qu’on peut être ouvrier sans diplôme ou cadre avec un master ou une maîtrise. En attendant que l’enquête établisse l’ampleur des dégâts commis par ce réseau et le nombre de leurs victimes, une préoccupation taraude l’administration. Hier encore des journaux peu au fait de la découverte de cette arnaque annonçaient à la Une cette opération de recrutement.

Aussi, la délégation régionale du Minefop que Le Jour a approché conseille aux médias qui diffusent les annonces de recrutements d’exiger des visas du Minefop.

Aziz Salatou

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