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APE : L’insécurité et le trafic de drogue aux porte du Cameroun

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La liste des produits du groupe 1 concernant les accords de partenariats économiques entre l’Union Européenne et l’Etat camerounais, est à pratiquement 45% constituée de produits hautement chimiques et à usage industriel. Rien de bien préoccupant jusque-là, à part bien sûr si on prend en compte le fait que plusieurs de ces produits parvenus en de mauvaises mains, peuvent servir à la fabrication de bombes artisanales capables de causer d’importants dégâts, mais aussi de produire en grande quantité des drogues dures telle que la méthamphétamine, très prisée dans l’UE. Et la dernière saisie record de méthamphétamine à Paris et en provenance du Cameroun vient en rajouter au trouble de la situation.

Pour mettre en oeuvre les APE, plus de 1700 produits et dérivés ont été répertoriés dans un document de 37 pages. Des produits qui de par leur nature, ont soit choqué, ou soit amusé certains observateurs.  « Les importations libéralisées en provenance de l’UE sont principalement des machines industrielles, des véhicules et certains produits chimiques…» Voilà selon Louis Paul Motaze ce qui constituera l’ essentiel des importations venues d’Europe. Ces fameux produits chimiques qu’évoque le ministre camerounais de l’Economie représentent «des intrants utilisés par les industries du Cameroun, et qui ne sont pas produits localement».  Seulement, ces substances chimiques vont également susciter un vif intérêt pour l’industrie du crime, en faisant peser sur le pays et même sur la sous-région de sérieuses menaces.

Des explosifs à partir de rien

Appelées Bombes « maison » ou encore « bombes du pauvre », les bombes artisanales sont fabriquées à partir de produits chimiques placés en vente libre et accessibles au grand public tels que le nitrate d’ammonium, ou encore le peroxyde d’hydrogène. En 2010, la commission européenne par la voix du commissaire en charge  Cecilia Malmström, a proposé de limiter la vente de certains produits chimiques commercialisés dans les grandes surfaces, pour éviter au maximum les attentats à la bombe. Parce qu’en effet, ce sont les gouvernements qui sans le savoir, fournissent aux groupes terroristes la matière première qui servira à concevoir une bombe. La vente de plusieurs substances a été interdite au-delà d’une certaine concentration, contraignant ainsi les acheteurs à présenter une licence pour se les procurer. Un dispositif sécuritaire qui aura fait ses preuves, car la traçabilité des produits chimiques servant à fabriquer des explosifs a désormais obligé les terroristes « européens » à se tourner vers d’autres instruments de terreur. L’acheminement sans politique de contrôle vers le Cameroun de ces produits pourrait faciliter la fabrication d’engins explosifs à l’intérieur même du pays. Mais seulement,  il n’y a pas que ça.

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Expansion du trafic de drogue au Cameroun

Selon les statistiques du bureau camerounais d’Interpol publiées en 2005, les saisies de drogue effectuées au port autonome de Douala concernaient en grande partie des drogues dites naturelles (cannabis, héroïne, opium, cocaïne, etc…). Mais avec cette déferlante de produits chimiques sur le pays et la sous-région, la création de laboratoires clandestins en vue de la fabrication des drogues synthétiques reste très probable . Métamphétamine, Ecstasy, ce sont entre autres des substances illicites qui pourront être produites sur le sol camerounais. « Les puissants cartels de trafic de drogue basés en Europe n’auront pas trop de mal à faire du Cameroun une base arrière où ils produiront leurs marchandises à destination de l’Europe et pourquoi pas du reste de l’Afrique. » Pour preuve,  dans la nuit du 30 au 31 aout dernier, 51 KG de métamphétamine pour une valeur de 3.8 millions d’€ ont été saisis à l’aéroport Roissy Charles de Gaulle de Paris en provenance du Cameroun et à destination de la Malaisie, preuve que les frontières européennes en matières de trafic de drogue restent tout de même poreuses. « La libéralisation des échanges est source de croissance et porteuse de développement » d’après Louis Paul Motaze. Des avantages que considère par ailleurs le philosophe américain Noam Chomsky comme un « mode de contrôle des opinions dissidentes »
Thierry NDASSA

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