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Antonio Guterres, le portugais succède à Ban Ki-moon à l’ONU – Biographie

L’ancien premier ministre portugais a été élu jeudi, secrétaire général des Nations unies après avoir passé une décennie concluante à la tête du Haut-Commissariat aux réfugiés. Il prendra ses fonctions le 1er janvier. Antonio Guterres – DR Son nom a fait la quasi-unanimité des cinq membres permanents du Conseil de sécurité. Lors d’un vote informel, jeudi, le Portugais Antonio Guterres est apparu comme le favori pour succéder en janvier à Ban Ki-moon comme secrétaire général de l’ONU. Avec 13 voix en sa faveur, il a même accru son écart qui le séparait de ses concurrents dans les cinq précédents votes indicatifs. Par ailleurs, le dernier scrutin a permis de vérifier que ni la Chine, ni les États-Unis, la France, le Royaume-Uni ou la Russie n’entendaient exercer leur droit de veto.

«Je connais très bien Antonio Guterres et je considère qu’il constitue un excellent choix», s’est même félicité jeudi l’actuel secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon. «Son expérience passée de premier ministre du Portugal, sa vaste connaissance des affaires mondiales et sa vive intelligence lui seront bien utiles pour diriger les Nations unies dans une période cruciale.»

Dix ans à la tête du HCR

À 67 ans, Antonio Guterres a gagné ses galons de 2005 à 2015 comme Haut-Commissaire de l’ONU aux réfugiés (HCR). À ce titre, il a dû affronter avec la guerre en Syrie la plus grave crise humanitaire depuis la Seconde Guerre mondiale. « Vous ne pouvez imaginer ce que c’est que de voir de tels niveaux de souffrance. » Le Portugais Antonio Guterres lors d’un débat organisé par le «Guardian». Le Portugais a fait de cette expérience un argument de campagne imparable. «Je suis totalement engagé parce que je sais ce que j’ai ressenti à la tête du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés pendant dix ans», affirmait-il cet été lors d’un débat organisé par le Guardian. «Vous ne pouvez imaginer ce que c’est que de voir de tels niveaux de souffrance.» on passage au HCR aura aussi été marqué par une profonde réforme de l’institution. Celle-ci a permis de réduire d’un tiers les effectifs basés à Genève pour mieux les envoyer sur le terrain quand l’urgence se fait sentir.

Un ancien premier ministre

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En 1995, le socialiste Antonio Guterres est élu premier ministre de Portugal. Avant de se lancer dans une carrière diplomatique, Antonio Guterres, ingénieur de formation, a occupé la fonction de premier ministre dans son pays entre 1995 et 2002. Il pourrait ainsi devenir le premier secrétaire général de l’ONU à avoir été à la tête d’un gouvernement. Reconduit à ce poste en 1999, le socialiste est déjà entré dans l’histoire du Portugal en étant le premier chef d’un gouvernement minoritaire à mener son mandat à terme depuis la Révolution des œillets de 1974. Antonio Guterres ne parviendra cependant pas au terme de son second mandat. Fin 2001, les socialistes sortent vaincus des législatives et leur chef démissionne dans la foulée. Il se retire alors de la vie politique. Aux yeux des Portugais, ce père de deux enfants garde le surnom de «marteau-piqueur parlant» hérité d’une réputation de tribun au verbe facile. À chaque élection présidentielle au Portugal, son nom revient parmi les candidats potentiels.

Une habilité diplomatique

À la tête du gouvernement portugais, Antonio Guterres avait déjà fait montre d’une indéniable habilité diplomatique. En 1999, il est l’un des principaux artisans de l’intervention des Nations unies au Timor orientale. L’ancienne colonie portugaise était en proie milices pro-indonésiennes après la victoire des partisans de l’autodétermination au référendum. Un an plus tard, son pays hérite de la présidence tournante de l’Union européenne. Celle-ci reste considérée comme une réussite avec l’organisation du premier sommet UE-Afrique et l’adoption de l’Agenda de Lisbonne pour la croissance et l’emploi. Lui-même européen convaincu, il a d’ailleurs permis à son pays d’intégrer avec succès la zone euro.

Un second Européen à la tête l’ONU

S’il est désigné, Antonio Guterres sera le second Européen à occuper le poste après l’Autrichien Kurt Waldheim. Il y a encore quelques mois, le Portugais était loin d’être favori pour décrocher le poste de secrétaire général. Les observateurs tablaient davantage sur une femme ou un candidat originaire d’Europe de l’Est, seule région du monde à ne pas avoir hérité du poste. Seulement la Bulgare Kristalina Georgieva, commissaire européenne au Budget et ancienne vice-présidente de la Banque mondiale, n’a pas convaincu. De plus, la nomination d’un homme dont le pays appartient à l’Otan aurait pu être mal vu par la Russie. Mais, lors du grand oral devant l’Assemblée générale de l’ONU, le polyglotte, qui parle couramment anglais, français et espagnol, a su convaincre et est devenu rapidement l’homme à battre. «Il s’en est très bien tiré, confiait à l’AFP un diplomate du Conseil de sécurité au moment des premiers votes. Cela confirme sa performance dans les auditions.»

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