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Un ancien athlète pointe du doigt la corruption et le favoritisme et explique les échecs des athlètes camerounais aux Jeux olympiques

La majorité des athlètes camerounais n’ont pas pu aller au-delà des préliminaires. Et pourtant, contrairement aux éditions précédentes, le Gouvernement a débloqué beaucoup plus d’argent. Plus d’un milliard trois cent mille FCFA pour la préparation et la participation des qualifiés camerounais. Qu’est-ce qui peut alors expliquer les contre-performances de la team Cameroon à Rio ? En attendant les explications des responsables du Comité National Olympique et Sportif du Cameroun, gestionnaires des fonds publics débloqués par l’État, certains athlètes pointent du doigt les mauvaises conditions de préparation, la prise en charge au rabais des sportifs, et le détournement des fonds destinés à leurs préparations et aux différentes primes.

Sur un ton plus incisif, Alain Olivier Nyounai, ancien champion d’athlétisme, dénonce un système qui engraisse les dirigeants au détriment des athlètes. «Le phénomène dure depuis plus d’une décennie, les athlètes sont sacrifiés, les mêmes têtes demeurent pour gérer le mouvement sportif. Les athlètes ne servent qu’à décaisser le milliard, point de bourse pour les méritants. Certains dirigeants pensent plus à donner ces bourses à leurs progénitures. Ça nous fait mal en tant qu’athlètes et voilà ça continu. Car, les athlètes sont des esclaves au service des maîtres dirigeants.

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Ils sont là pour se servir et non pour servir. J’ai vu des enfants des responsables devenir des athlètes pour avoir une bourse du CNO pendant 4 ans au Canada au détriment de ceux qui étaient performants et qui pouvaient apporter quelques choses pour le pays avec un bon suivi. C’est triste de voir des médiocres prendre la place des doués sous le prisme des réseaux et du favoritisme. Bolt, Tyson, Riner, les Éthiopiens, les Kenyans, etc. qui gagnent pour leur pays sont suivis et accompagnés depuis des années pour atteindre le haut niveau et gagner les médailles.

Chez nous, on prépare la médaille en un ou deux mois avec des stages amateurs pour à fin dire que les athlètes n’ont pas de niveau et consommer le budget à leur guise. C’est la gestion par embuscade pour les athlètes pris au piège de leur passion,  je parle en connaissance de cause…» nous a convié l’athlète. Françoise Mbango a offert au Cameroun sa dernière médaille aux Jeux Olympiques. C’était une médaille d’or au triple saut en 2008 à Pékin.

 © Cameroon-Info.Net

 

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