Features

Amnesty international : Un autre rapport qui égratigne aussi le Cameroun

Amnesty-International

C’est ce qui ressort du rapport publié le 24 février 2016 où l’organisation internationale  dresse un tableau peu élogieux des droits humains au Cameroun.

#DroitsHumains «Créée pour “préserver les générations futures du fléau de la guerre” et “proclamer à nouveau [la] foi dans les droits fondamentaux de l’homme”, l’organisation Amnesty international est confrontée à d’énormes défis qui la rendent plus vulnérable que jamais», a déclaré Salil Shetty. Selon le responsable, de nombreux Etats ont volontairement entravé l’action des Nations unies visant à prévenir les atrocités de masse ou à amener les responsables de tels agissements à rendre compte de leurs actes, et ont rejeté ses recommandations en faveur de l’amélioration de la situation des droits humains au niveau national – ou bien n’ont tenu aucun compte de ces recommandations.

Entre autres pays cités dans son rapport 2015/2016, le Cameroun s’y trouve. «Le groupe armé Boko Haram a bouleversé la vie de milliers de personnes dans le nord du pays en se rendant coupable de crimes au regard du droit international, notamment d’homicides illégaux, d’attaques contre des  biens à caractère civil, de détournements de biens et d’actifs, de pillages et d’enlèvements», rapporte Amnesty international.

«Et dans sa volonté d’empêcher Boko Haram de gagner du terrain,  les forces de sécurité se sont livrées à des arrestations arbitraires, placements en détention, des disparitions forcées et des exécutions extrajudiciaires.  Des centaines de milliers de réfugiés venus du Nigeria et de la République centrafricaine vivaient toujours dans des conditions précaires.

Les libertés d’expression, d’association et de réunion restaient soumises à des restrictions. Des défenseurs des droits humains ont fait l’objet de manœuvres d’intimidation et de harcèlement, y compris de la part d’agents gouvernementaux», accuse l’association. Sur la question des conditions de détention, le rapport constate qu’au pays, il y a une surpopulation chronique, nourriture insuffisante, soins médicaux limités, et conditions sanitaires et d’hygiène déplorables. «Les vagues d’arrestations de personnes soupçonnées de soutenir Boko Haram n’ont fait qu’aggraver ces conditions.

La prison de Maroua comptait 1 300 détenus à la fin de l’année, soit plus de trois fois la capacité prévue (350) ; plus de 40 prisonniers sont morts entre mars et mai», cite-t-on en guise d’exemple. Raisons pour lesquelles, Amnesty appelle les Etats à cesser leurs attaques contre les droits et procéder au renforcement des défenses mises en place. Dans son communiqué, l’organisation internationale n’a pas raté les grands pays,  parmi les plus insoupçonnés.

Complément d’information (extrait du communiqué de Amnesty International)

Amnesty International a recueilli des informations sur des violations graves des droits économiques, sociaux, civils et politiques dans de nombreux pays en 2015.

Voici quelques exemples de pays dans lesquels des coups ont été portés aux droits humains et aux institutions qui sont là pour les protéger (la liste ci-dessous est loin d’être exhaustive) :

· Angola : les autorités ont utilisé les lois sur la diffamation et la législation relative à la sécurité de l’État pour harceler, arrêter et incarcérer des personnes qui n’avaient fait qu’exprimer pacifiquement leurs opinions, et ont rejeté publiquement les recommandations des Nations unies sur le bilan du pays en matière de droits humains.

· Arabie saoudite : le pays a sévèrement puni celles et ceux qui osaient se prononcer en faveur de réformes ou critiquer les autorités. Il a commis des crimes de guerre dans le cadre de sa campagne de bombardements au Yémen, tout en bloquant la mise en place d’une enquête des Nations unies sur les violations perpétrées par toutes les parties au conflit dans ce pays.

· Burundi : les forces de sécurité ont recouru de façon systématique à la force meurtrière et à d’autres tactiques violentes, et les autorités s’en sont prises aux milieux de défense des droits humains.

· Chine : le gouvernement n’a cessé d’accroître sa répression contre les défenseurs des droits humains et a fait passer des lois de grande portée au nom de la « sécurité nationale ».

· Egypte : des milliers de personnes, y compris des détracteurs pacifiques du gouvernement, ont été arrêtées dans le cadre d’une campagne de répression sans pitié menée au nom de la sécurité nationale ; des centaines de personnes ont été détenues sans inculpation ni jugement pendant de longues périodes, et des centaines d’autres ont été condamnées à mort.

Nous suivre ►► Facebook   Twitter   Instagram   Youtube 

· Etats-Unis : le maintien du centre de détention de Guantánamo a été un exemple des graves conséquences de la « guerre mondiale contre le terrorisme » décrétée par les États-Unis, qui n’ont pas ouvert d’enquête contre les responsables présumés d’actes de torture et de disparitions forcées.

· Gambie : torture, disparitions forcées et sanctions pénales contre les personnes LGBTI caractérisent la situation des droits humains dans le pays, qui a catégoriquement refusé de coopérer avec l’ONU et les mécanismes régionaux de défense des droits fondamentaux sur des questions telles que la liberté d’expression, les disparitions forcées et la peine de mort.

· Hongrie : les autorités ont verrouillé les frontières où se présentaient des milliers de réfugiés en détresse, et ont fait obstacle aux efforts collectifs déployés au niveau régional pour venir en aide à ces populations.

· Israël : le pays a maintenu son blocus militaire sur Gaza, imposant de fait une sanction collective aux 1,8 million d’habitants du territoire. Comme la Palestine, il a refusé de donner suite à l’appel de l’ONU lui demandant de mener des enquêtes crédibles sur les crimes de guerre commis durant le conflit de 2014 à Gaza.

· Kenya : le pays s’est rendu coupable d’exécutions extrajudiciaires, de disparitions forcées et de discriminations contre les réfugiés dans le cadre de ses opérations de « lutte contre le terrorisme » ; il a tenté d’affaiblir la Cour pénale internationale et sa capacité à rendre justice.

· Mexique : le bilan en matière de droits humains est catastrophique – on y compte notamment 27 000 disparus. Le gouvernement a rejeté durement les critiques de l’ONU sur le recours généralisé à la torture, offrant aux auteurs de tels actes une impunité quasi totale malgré l’augmentation du nombre de plaintes.

· Pakistan : de graves manquements en matière de droits humains – et notamment une utilisation sans relâche de la peine de mort – ont caractérisé la réaction des autorités devant le terrible massacre perpétré dans une école de Peshawar. La nouvelle politique des autorités vis-à-vis des ONG internationales leur donne le pouvoir de les surveiller et de fermer celles qu’il juge « contraires aux intérêts nationaux ».

· Royaume-Uni : le pays a continué de procéder à une surveillance de masse au nom de la lutte contre le terrorisme et a tenté, dans un véritable retour en arrière, de se soustraire à la surveillance de la Cour européenne des droits de l’homme.

· Russie : le pays a utilisé de manière répressive sa législation très vague sur la sécurité nationale et la lutte contre l’extrémisme, a mené des initiatives concertées pour réduire au silence la société civile, a refusé effrontément de reconnaître les homicides de civils en Syrie et a implacablement cherché à bloquer toute action du Conseil de sécurité sur ce pays.

· Slovaquie : malgré des années de mobilisation de la part d’organisations nationales et régionales, les discriminations contre les Roms sont demeurées généralisées, ce qui a contraint la Commission européenne à engager une procédure d’infraction contre le pays.

· Syrie : des milliers de civils ont été tués dans des bombardements au baril d’explosifs ainsi que dans d’autres attaques directes et menées sans discrimination, ou ont succombé sous la torture en détention. Des zones civiles ont été assiégées pendant de très longues périodes durant lesquelles les habitants affamés ont été coupés de toute aide internationale.

· Thaïlande : le gouvernement a arrêté des détracteurs pacifiques pour des activités telles que des pièces de théâtre, des commentaires sur Facebook ou des graffitis ; les autorités militaires ont rejeté les appels internationaux leur demandant de renoncer à une extension de leurs pouvoirs visant à leur permettre de restreindre les droits de façon excessive et de réduire l’opposition au silence au nom de la « sécurité ».

· Venezuela : le gouvernement a continué de ne rien faire pour garantir la justice dans les affaires de graves violations des droits fondamentaux, n’a cessé de s’en prendre aux défenseurs des droits humains et, s’étant retiré précédemment de la Cour interaméricaine des droits de l’homme, il a dénoncé à plusieurs reprises la Convention américaine relative aux droits de l’homme, privant ainsi les victimes de violations de la possibilité d’obtenir justice.

Linda Mbiapa

Populaires cette semaine

To Top