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Disparitions forcées d’opposants: Amnesty épingle quatre pays africains, dont le Cameroun

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Selon l’ONG internationale dans un communiqué rendu public mardi à Nairobi, capitale du Kenya, les disparitions forcées sont monnaie courante au Kenya, au Cameroun, en Égypte et au Zimbabwe.

L’ONG Amnesty International vient de rendre public un communiqué sur l’état des droits de l’homme dans quatre pays africains, dont le Cameroun. Notamment en ce qui concerne la «disparition forcée des opposants». Selon Amnesty, le constat est d’autant plus amer que, malgré des preuves convaincantes, les autorités de ces pays précités continuent de nier les faits, déplore le communiqué.

«Amnesty International a appelé à la mise sur pied d’une commission d’enquête judiciaire pour enquêter sur les cas de disparition forcée et de la création d’un cadre complet de responsabilisation compatible avec les normes internationales des droits de l’homme», a ajouté le communiqué, selon l’APA, qui révèle l’information.

Selon Amnesty, les tentatives des forces de sécurité camerounaises de réprimer Boko Haram ont conduit à des arrestations arbitraires, à des détentions, à des disparitions forcées et à des exécutions extrajudiciaires. «Dans l’Extrême-Nord du pays, on est toujours sans nouvelles d’au moins 130 personnes depuis leur arrestation le 27 décembre 2014. Elles faisaient partie d’un groupe de plus de 200 garçons et hommes arrêtés ce jour-là par les forces de sécurité lors d’un raid contre de présumés combattants de Boko Haram», indique le communiqué.

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Dans un rapport sur les droits de l’homme au Cameroun publié en juillet 2016, intitulé «Bonne cause, mauvais moyens…», Amnesty International dénonçait de graves violations de la part de l’armée camerounaise, dans le cadre de la guerre que le pays mène contre la secte Boko Haram. «Plus de 1 000 personnes, dont beaucoup ont été arrêtées arbitrairement, sont détenues dans des conditions épouvantables, et plusieurs dizaines d’entre elles meurent des suites de maladie, de malnutrition ou de torture dans le cadre des opérations de répression menées contre Boko Haram par les forces de sécurité et les autorités camerounaises», indiquait l’ONG.

En réaction, le Gouvernement a estimé par la voix de son Ministre de la Communication, Issa Tchiroma Bakary, que ce rapport présentait de nombreuses lacunes dans la méthodologie de travail d’Amnesty International: Manque d’objectivité, collecte de données biaisées. Car, se basant très peu ou presque pas sur les outils scientifiques pertinents tels que la représentativité de l’échantillonnage, l’observation participante, etc.

Pour le Cameroun, l’organisation s’est davantage appuyée sur les «affirmations gratuites, les rumeurs», bref les idées reçues, que les faits. Du coup, le pays voit dans cette attitude, une volonté manifeste de l’ONG à décrédibiliser les pratiques de bonne gouvernance, les droits et libertés des hommes que le Gouvernement s’évertue à respecter à tous les niveaux de la société.

Aaron ONANA N.

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