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Ambroise Oyongo Bitolo: “Je souhaite que Finke reste”

Oyongo-Ambroise

Premier buteur camerounais à la Can 2015, le défenseur Ambroise Oyongo évoque son parcours sportif et plaide pour le maintien de Volker Finke à la tête des Lions Indomptables. Ambroise tu es aujourd’hui un international camerounais. Peut-on dire que ton ascension s’est faite rapidement ? Oui j’ai grandi dans une famille modeste.

Papa était gardien de prison et avec les affectations il passait le temps à se déplacer et il était très souvent éloigné de nous. Maman est une ménagère, une femme au foyer, elle a toujours cherché à faire quelque chose, à s’organiser pour que nous puissions joindre les deux bouts. Elle vendait des beignets, du pain-haricot et de la bouillie. C’est comme ça que mes parents ont pu nous élever. Et ça porte des fruits car aujourd’hui quand vous regardez mes frères et moi, je ne pense pas qu’on puisse dire que nous avons des comportements reprochables. Nos parents nous ont appris à travailler dur, garder la tête froide et toujours espérer.

Ambroise Oyongo parle-nous de ton enfance. Dans quel environnement as-tu grandi ? Je suis né à Ndikiniméki où mon père avait été affecté. Par la suite j’ai grandi au quartier NKomondo à Douala. Vous connaissez ce quartier, c’est un quartier difficile où il faut se battre. Là-bas, il y a un marché et tu es obligé de sortir te débrouiller comme les autres pour avoir un peu de sous. Je suis allé à l’école à Saint Jean Bosco et à Maria Goretti à New-Bell. Par la suite je suis passé par le Lycée d’Elig-Essono et le Ces de Ngoa Ekéllé où j’ai eu mon Bepc.

Que retiens-tu de ton passage à Musango FC où tu as été formé ? Pour moi, Musango FC c’est le premier grand tournant de ma carrière. J’ai eu la chance d’être repéré par ce centre tenu par un ancien grand international camerounais, Bertin Ebwelle, qui a joué arrière droit et arrière gauche. A Musango, j’ai aussi eu la chance de tomber sur quelqu’un qui deviendra sûrement un grand entraineur, c’est Alain Bomono. C’est un entraineur qui aime le travail et qui ne fait jouer que les meilleurs. Il m’a pris avec lui dans sa maison. Il m’a offert ma première paire de godasses alors que jusque-là je jouais avec des chaussures en plastique. Chez lui, j’étais à l’école de la vie. Je devais faire le marché, faire la cuisine. Grâce à lui j’ai vite grandi.

Ta carrière prend une nouvelle tournure quand tu signes au Coton sport de Garoua en 2011 ? Le Coton me repère lors d’un match des éliminatoires de la Can Junior. J’ai fait un bon match avec la sélection Junior et Coton m’a proposé un contrat. Pour moi, Coton est un  club professionnel. Les choses sont bien organisées, les infrastructures sont bonnes et lesjoueurs sont bien suivis. Le club se déplace en avion pour ses voyages dans le Sud et ceci permet de mieux récupérer entre les matchs. A mes débuts à Coton je gagnais 100.000 FCFA mais quand je quittais le club, j’étais à 400.000 FCFA plus les primes. J’ai gagné trois titres avec Coton et mon seul regret est d’avoir échoué aux portes de la finale de la Ligue des champions en 2013.

On t’attendait par la suite à Lille mais tu as finalement signé chez les Red Bulls de New-York ? Je suis pourtant allé faire des essais à Lille et le club avait décidé de m’engager. Mais les dirigeants ne sont pas tombés d’accord avec ceux de Coton. Et Red Bulls qui était aussi rentré en contact avec mon agent quand j’étais en essai à Lille a fait une offre.

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Comment s’est passée ton adaptation aux USA ? Bien, très bien. Ma mère m’avait préparé des vêtements pour le froid. New York c’est une ville immense mais ce n’est pas ça qui m’intéressait. Je suis allé là-bas pour jouer au football et j’ai bénéficié de l’encadrement de l’autre Camerounais du club Marius Obekop et surtout de Thierry Henry qui est un mec super sympa. On s’appelle « vieux père ». J’ai terminé meilleur recrue de la saison des Red Bulls et j’ai même eu un prix des Camerounais de la diaspora américaine.

Le grand public camerounais te découvre à la faveur des éliminatoires de la Can et tout au long de ce tournoi, pourtant tu avais déjà été appelé par Dennis Lavagne en juillet 2013. Tout à fait. Denis Lavagne qui était le manager général de Coton m’avait convoqué en sélection quand il est devenu entraineur des Lions. Par la suite, il y a eu un petit passage à vide mais j’ai retrouvé la sélection après ma bonne saison aux Etats-Unis. On a fait de bons matchs lors des qualifications et le public attendait beaucoup de nous…

Justement qu’est-ce qui explique votre contre-performance en Guinée Equatoriale ? C’est le football, souvent ça se joue sur des détails… Sur un plan personnel, tu as inscrit le premier but des Lions dans cette compétition face à la Guinée ? Oui, c’était une grosse satisfaction. Avant de partir j’avais promis à mes proches que je marquerai un but ou tout au moins que je ferai une passe décisive. Après mon but, je leur ai fait un signe du doigt comme pour leur dire : « Vous avez vu ? »

Mais la presse présente sur place a fait état de problèmes qui auraient miné l’ambiance dans la tanière, on parle d’une altercation entre le capitaine Mbia et Njie Clinton ? C’est faux. Je vous le dis, j’étais à l’intérieur du groupe et je vous dis que c’est faux. D’ailleurs les deux, Clinton et Stéphane en riaient chaque fois qu’ils se retrouvaient ; il n y a jamais eu de problèmes.

Comment Njie a-t-il vécu le fait de ne pas être aligné Il l’a vécu très sportivement. Il est resté très concerné, il encourageait les coéquipiers, faisait des blagues. Il a toujours respecté le choix de l’entraineur.

 On a aussi dit que Mbia a imposé son frère Franck Etoundi en attaque ? Aux entrainements Etoundi était le meilleur, il marquait des buts même avec la main (rires). Le sélectionneur s’est donc dit qu’il devait jouer et on peut le comprendre.

Pour toi Finke doit-il être maintenu à son poste de sélectionneur des Lions ? Je souhaite qu’il reste. Il a fait du bon boulot, on lui a demandé une qualification pour la Coupe du Monde, il l’a fait. On lui a par la suite demandé de qualifier les Lions pour la Can, il l’a aussi fait. Nous nous sommes qualifiés dans une poule particulièrement difficile. Les choses ne se sont pas bien passées à la Can mais je demande au peuple camerounais d’être compréhensif. La reconstruction demande un peu de temps. Nous vous promettons de travailler plus et nous souhaitons vraiment être encouragés.

Alors que tu étais à la Can il nous est revenu que tu as été transféré à l’Impact Montréal. Comment as-tu accueilli cette nouvelle ? J’ai moi-même été surpris par cette nouvelle. Apparemment j’ai été transféré sans signer de contrat. Tout ce que je peux dire c’est que je suis en fin de contrat avec les Red Bulls et ils n’ont donc pas le droit de me transférer. En tout cas mon agent et mon frère Daniel s’occupent de tout ceci et bientôt vous saurez dans quel club je vais évoluer. Mais mon rêve reste l’Angleterre et Manchester United, j’y arriverai un jour.

Via © Le Jour

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