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Ama Tutu Muna s’unit à Quincy Jones pour la promotion du Cameroun

quincy-jones-Ama Tutu Muna

À Las Vegas, la ministre des Arts et de la Culture et le célèbre promoteur américain quincy-jones aux racines du pays de Paul Biya ont mobilisé la communauté culturelle et des affaires.

Les missions assignées au ministère des Arts et de la Culture (Minac) consistent en la promotion des arts et des artistes, la relance de la production et de la création. Après plusieurs années, malgré la mise sur pied d’un compte d’affectation spéciale devant contribuer à la relance de notre culture, le chantier tarde à démarrer du fait du manque d’expertise et de structures de ceux de nos compatriotes qui prétendent être des producteurs.

Malgré les milliards de francs mis à la disposition des artistes depuis plus de 10 ans, les résultats sont invisibles. Pour une meilleure structuration de l’activité de production dans notre pays, et en vue de trouver les moyens et mettre en œuvre les instructions du président de la République et profitant d’une série de spectacles du Ballet national, la chef de ce département, Ama Tutu Muna, s’est rendue aux États-Unis à la tête d’une délégation d’artistes et producteurs.

À Las Vegas, première escale et ville du show bizness (c’est ici et à New York que se déroulent les plus grands spectacles de musique et de boxe dans ce pays), elle a rencontré tour à tour le patron de Mgm, la plus grande industrie hôtelière et des spectacles, la vice-présidente de Coca Cola, énorme sponsor d’événements ainsi que de nombreux hommes des arts et de la culture dont l’emblématique et très respecté Quincy Jones Jr. Avec ce dernier, il faut le dire avec force, la providence a joué en faveur de notre pays : il venait de recevoir l’assurance de son test Adn qui confirmait que ses grands-parents étaient bien d’origine camerounaise.

Contacts fructueux

Sous l’impulsion du président Paul Biya, notre pays a adopté une loi sur le patrimoine national qui vise notamment à constituer un fichier de biens et de personnes ayant appartenu ou appartenant à nos racines. La reconstitution dudit patrimoine est donc au centre des actions du ministre des Arts et de la Culture, qui depuis des années ne ménage aucun effort pour aller à la rencontre de ceux et de celles qui sentent circuler en eux le sang camerounais. Ama Tutu Muna semble ainsi convaincue que leur contribution à l’évolution du Cameroun permettra de hisser le pays aux premières loges, dans un environnement où le métissage et brassage des cultures sera la base d’un développement porteur d’espoirs pour les générations futures.

Profitant donc de l’occasion de la tenue de la 105ème Convention de la Naacp, qui aux États-Unis, est l’une des plus anciennes associations, la Minac a conduit le Ballet national à ces assises au cours desquelles le groupe a donné de nombreux spectacles à Mandalay Bay. Cette Convention a connu la participation de nombreuses hautes personnalités du monde politique, économique, médiatique et culturel dont le vice-président américain, Joe Biden qui, tout comme le président Barack Obama, est membre d’honneur de la Naacp dont le chairman est Roslyn Brook. Ama Tutu Muna s’est aussi entretenue avec le chairman de Mgm, la vice-présidente de Coca Cola, le patron de General Motors, William Corneille, des sénateurs et membres du Congrès.

Le Cameroun a ainsi été, plusieurs fois, à l’honneur notamment avec les prestations très appréciées du Ballet national et du chansonnier King Richard. Prenant la parole à la même tribune, quelques heures avant le vice-président américain, la fille de Salomon Tandem Muna, dans un langage simple et apprécié, a su donner du relief à l’image du Cameroun. À la clôture de la Convention, une mémorable soirée, avec plus de 10.000 personnes, a connu la participation de nombreuses stars américaines dont Chante Moore, les sœurs Chloe & Halle Bayley, Anita Wilson.

Des racines et des ailes

La légende planétaire, Quincy Jones, s’est vue décerner la 99ème Spingarn Medal, la plus haute distinction décernée aux personnalités américaines par l’ensemble des communautés de couleur. Instituée en 1914 par le président Joel E. Spingarn, elle récompense une réalisation exceptionnelle et noble d’un Américain d’origine africaine. Parmi les 98 récipiendaires à ce jour, on peut citer George Washington Carver, Mary McLeod Bethune, Thurgood Marshall, Jackie Robinson, Lena Horne, Bill Cosby, Harry Belafonte, Sydney Poitier ou encore Jessye Norman.

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En lui décernant cette distinction, l’ensemble de la communauté afro-américaine, de même que les communautés indiennes, inca et autres couronnent l’ensemble de l’œuvre de cet artiste, producteur et arrangeur de génie, qui a propulsé au sommet bon nombre de stars tant du cinéma que de la musique. Quincy Jones a composé pour Barbra Streisand. Il a été membre du jazz-band de Dizzy Gillespie et écumé les nuits tropéziennes avec Eddie Barclay, frayé avec le tout-Hollywood, de Marilyn Monroe à Scarlett. Il a gagné 27 Grammy Awards, les Oscars de la musique, lancé Oprah Winfrey, découvert Will Smith, produit et fabriqué la carrière phénoménale de Michael Jackson avec 110 millions de disques vendus. La liste n’est pas exhaustive.

Tout au long de la soirée, Quincy Jones, après avoir raconté à l’assistance comment Michael Jackson l’a convaincu de produire son album «Triller» avec la reprise de «Soul makossa» de Manu Dibango, n’a pas cessé de marteler la nécessité, pour la communauté afro-américaine, d’affronter la science pour mieux situer les origines des uns et des autres. Il a dit sa fierté d’avoir des ancêtres d’origine camerounaise et espère bientôt se rendre dans ce pays qui est aussi le sien.

La vie de Quincy Jones, 81 ans, est un incroyable voyage dans le Bottin mondain de la musique et du cinéma.

Ce n’est pas un roman : c’est toute une bibliothèque. Jazzman, arrangeur, chef d’orchestre, compositeur, producteur, «Q», son surnom, a été de tous les bons plans. En plus de 60 ans d’une carrière toujours en cours, il a marqué l’histoire de l’audiovisuel et, plus largement, de la communauté afro-américaine de Michael Jackson à Will Smith en passant par Withney Youston, Lionel Richie, les Temptations, Stevie Wonder, Franck Sinatra, Diana Ross, Clark Terry, Ray Charles, Lionel Hampton, Benny Carter, Count Basie, Duke Ellington, Dizzy Gillespie, Sarah Vaughan and Ella Fitzgerald, Al Jarreau, Nina Simone, Samy Davis Jr, Woopie Goldberg, Steven Spielberg, etc. Bien d’autres encore lui doivent carrière et destin. Jones est, surtout, connu comme la force derrière les plus grands albums de Michael Jackson, y compris «Thriller» et le mythique «We are the World» (1985) au travers de laquelle il détient le record mondial des ventes d’albums et de singles.

Certificat d’origine camerounaise

Conscient des enjeux liés à la maitrise du patrimoine national, au moment où la communauté internationale s’apprête à classer Bimbia comme patrimoine mondial, mais surtout sa reconnaissance comme l’un des ports majeurs de transfert de nos frères et sœurs vers l’Amérique, c’est donc ce citoyen américain d’origine ancestrale camerounaise qui, le 23 juillet 2014 a reçu, au nom du gouvernement de la République du Cameroun et à travers Ama Tutu Muna, son certificat d’origine camerounaise quelques minutes avant que ne lui soit remis l’Award de la Naacp devant quelque 10.000 personnes. Face aux nombreux challenges qui interpellent notre pays au plan international, son carnet d’adresses et d’amitiés, sa maîtrise des rouages du show-bizness ne seraient pas de trop.

Dans une Amérique où les discriminations raciales étaient tenaces, Quincy Jones aura ainsi été le premier Noir à accéder à la direction d’un label musical (Mercury, 1961), le premier à intégrer la caste des compositeurs de musique de films (1963), le premier à assurer la direction musicale des Oscars (1971), passant sa vie à briser les barrières pour mieux ouvrir, ensuite, les portes aux talents qu’il ne cessera de découvrir avec un flair inégalable. Il reste l’Afro-américain le plus souvent nominé aux Oscars (7 fois), même s’il n’a remporté « qu’une » statuette d’honneur (1995).

Ce serait même dans sa cuisine, raconte cet homme jamais avare d’anecdotes ni de cabotinages, que son « ami » Barack Obama aurait décidé de briguer la Maison-Blanche… Quelques années plus tôt, en 1993, son « ami » – il en a beaucoup – Bill Clinton lui avait confié l’organisation de son concert d’investiture. Le secret de sa réussite ? « Je vis d’amour », dit-il souvent. Ses 7 enfants (dont 6 filles) qu’il a eus avec 5 femmes, se mariant et divorçant 3 fois au passage, peuvent en témoigner. Servie par une décontraction naturelle, l’aura de Quincy Jones est devenue telle, au fil des ans, qu’Amy Winehouse se mettra à genoux lors de leur première rencontre.

© Source : La Météo

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