Culture'Urbaine

Ama Tutu Muna, la catastrophique ministre des arts et de la culture

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Plus de huit ans à la tête du département ministériel en charge des Arts et de la culture, Ama Tutu Muna a multiplié des gaffes et contre toute attente, est maintenue dans un gouvernement dont elle saborde l’action.

C’est en 2004 qu’ Ama Tutu Muna fait désormais partie du saint des saints. Par un décret du président de la République remaniant le gouvernement, la fille de Tandeng Muna atterrit au ministère du Commerce comme secrétaire d’Etat chargée de seconder le titulaire du poste, Luc-Magloire Mbarga Atangana dans l’implémentation de la politique des grandes ambitions d’alors de Paul Biya. Après 7 ans à l’ombre tutélaire de Mbarga Atangana, qui ne lui a pas fait des cadeaux, en lui concédant la portion congrue, elle est bombardée au ministère de la Culture en 2007 pour succéder au célèbre écrivain Léopold Ferdinand Oyono. Ce département ministériel qui deviendra par la suite, ministère des Arts et de la culture à la faveur du dernier réaménagement du gouvernement du 09 décembre 2011.

Dès lors, la culture sur les plans structurel, organisationnel et même politique est en déperdition et vogue sur des vagues de l’enlisement, des combats à fleurets mouchetés. Hormis le secteur du droit d’auteur à l’agonie, rien ne semble fonctionner comme sur des rails. Bien plus des acquis ont été laminés. L’histoire retiendra que c’est sous le magistère de Ama Tutu Muna que les mythiques salles de cinéma du Wouri de Douala, Empire à Bafoussam et Abbia à Yaoundé ont mis la clé sous le paillasson. Pendant ce temps, des détournements massifs de fonds sont effectués sur le compte spécial d’affectation pour le soutien à la politique culturelle, le compte de dépôt spécial est siphonné et les artistes plus que jamais clochardisés quand ils ne meurent pas comme des rats, sans assistance.

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Piratage

Le Festival national des arts du Cameroun, (Fenac) dont le souvenir de la dernière édition à Maroua remonte à l’ère de Mathusalem, poursuit son hibernation, après des plaintes légitimes et récurrentes sur une organisation foireuse où des fonctionnaires véreux se sont livrés à leur sport favori : croquer la fortune publique dans l’impunité. Le piratage des œuvres de l’esprit qui devrait faire partie de l’agenda de la Minac se développe au vu et au su de tous, sans que les pirates ne soient inquiétés, au contraire, ces contrebandiers de la pire espèce, s’enrichissent sur le dos des artistes et au mépris de la loi qui protège les œuvres de l’esprit. Des bibliothèques, quand elles existent ici, sont devenues des nids de moisissures et leurs rayons achalandés par des toiles d’araignée.

Les répartitions des droits d’exécution publique et des droits de spectacles sont la cible des prévaricateurs qui se servent à volonté au mépris du mérite de chaque artiste. Les droits d’exécution mécanique sont quant à eux l’objet d’un silence assourdissant. Pas beaucoup d’agitation des créateurs sur cette question obligés de se faire consulter et soigner en bravant, monts et vaux, pour joindre la capitale où Ama Tutu leur a aménagé une infirmerie dans un contexte où les artistes vont mal et leurs droits spoliés.

Bourdes

Comment mettre sous le boisseau le rodéo juridico-socio-politique de la Cameroon music corporation (Cmc) contre le ministère des Arts et de la culture, notamment avec les arrêts et ordonnances de la plus haute juridiction camerounaise, la Cour suprême, rendus en faveur de Sam Mbende, lesquels ont été piétinés par une dame, qui se met à dos toute la République. Ama Tutu, non satisfaite d’avoir défié la Justice, a cru devoir bafouer l’autorité du Pm, -Dieu merci, le caquet lui a été rabattu-, et essuyé ses pieds sur les instructions du chef de l’Etat. Autant dire que cette traductrice de formation est frappée d’autisme institutionnel s’obligeant de ramer à contre courant des prescriptions gouvernementales. Toutes choses qui indiquent que si le pays était gouverné, on n’en serait pas à égrener le chapelet des casseroles et autres bourdes que la rebelle de la République a multipliées sans coup férir et mue davantage par un goût prononcé du lucre, un égo quasi surdimensionné. Il est temps de siffler la fin du désordre et de l’indiscipline.

 Alain NJIPOU

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