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Alerte : des faux billets en circulation au Cameroun

Faux-Billets-Cameroun

En cette période de fin d’année, de nombreux usagers reçoivent des faux billets lors des transactions. Epuisé par le voyage, Roger est tout de même heureux d’avoir retrouvé le Cameroun. L’avion dans lequel il était à bord, en provenance de Paris, a atterri il y a plus de trente minutes, à l’aéroport de Nsimalen à Yaoundé. Son cadet, avec lequel il a effectué le voyage, s’occupe des bagages. Entretemps, il se faufile entre la marée humaine en liesse (venue accueillir des proches), pour retrouver son véhicule, dehors. A peine sorti, Roger est suivi par trois hommes. Ils tiennent des liasses de billets de banque en main.

«Changistes», ces derniers lui proposent de faire le change. «Fréro, avec 100 euros, tu as 60 milles. Tu vas payer le chauffeur du taxi avec quoi ?», «Fais un geste». Comme un sourd, et d’un pas alerte, Roger gagne son véhicule. Une fois à l’intérieur, il lâche : «Ils ne changent pas». S’adressant aux «changistes.» : «Ils vous donnent de faux billets, après, c’est vous qui avez des problèmes», susurre-t-il comme pour justifier son indifférence. Victime à plus d’une reprise, des «changistes», il s’en méfie comme la peste. Et pour cause, de 2009 à 2012, il a reçu plus d’un million de Fcfa en faux billets. «Les coupures étaient celles de deux, cinq et parfois dix mille Fcfa», précise-t-il, avant d’ajouter : «Toutes ces arnaques ont eu lieu pendant les fêtes de fin d’année.»

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Billets

Des victimes comme Roger sont nombreuses en cette période. Elles peuvent se compter. Mais nous pouvons les estimer à deux cents (de mi décembre à mi janvier), grâce à un «changiste» du Casino, situé à côté de l’institut français du Cameroun (Ifc). D’après lui, il y a des clients qui viennent avec de faux billets, mais reconnaît également que nombre de ses collègues les échangent pendant le change. Ancien vendeur à la sauvette, il s’est reconverti en «changiste», après avoir reçu la visite de «Jack Bauer», à Etetak, à la sortie Ouest de Yaoundé. La pilule étant difficile à avaler, il a rejoint un ami qui faisait déjà dans le change, devant l’hôtel Hilton, toujours à Yaoundé.

En partenariat avec une micro-finance, son ami l’a présenté au directeur général. Et le reste c’est passé comme sur des roulettes. C’est la micro-finance qui finance le duo. Ces derniers disent n’avoir que cinq Fcfa par devise, comme bénéfice. Or, d’après d’autres «changistes», «le bénéfice journalier varie de sept à vingt milles Fcfa.» Pour avoir un bénéfice au-delà de vingt mille, «il faut collaborer avec des hommes d’affaires. Ce sont eux qui injectent beaucoup d’argent dans cette activité illégale. Certains injectent 30 millions de Fcfa, parfois plus», apprend-on. Leur but est de rentrer dans leur frais, et faire du bénéfice.

Via Cameroun Tribune

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