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Alassane Ouattara: « Si par malheur je devais perdre les élections, j’accepterais »

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Le président de la Côte d’Ivoire évoque la situation dans son pays un an avant l’élection présidentielle

La 69e session de l’Assemblée générale des Nations unies s’est ouverte à la mi-septembre à New York. Une grand-messe annuelle où s’est rendu le chef de l’Etat ivoirien. A la tribune de l’ONU, Alassane Ouattara, a évoqué la situation dans son pays, un an avant l’élection présidentielle. Le président ivoirien, a également insisté sur l’importance de lutter contre le terrorisme en Afrique, au moment où un groupe jihadiste d’Algérie prêtait allégeance à l’organisation Etat islamique et exécutait un otage français dans les montagnes de Kabylie. RFI s’est entretenu avec le président de Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara, après son discours à la tribune à l’ONU.

Il y a eu l’assassinat d’Hervé Gourdel en Algérie, il y a des attaques régulières contre les Casques bleus au nord du Mali. Vous avez dit à la tribune des Nations unies: «L’Afrique ne doit pas être oubliée dans la lutte contre le terrorisme». L’influence, le territoire des jihadistes s’étendent sur le continent ?
Oui. C’est terrible ce qui est arrivé à monsieur Gourdel. Je présente mes condoléances au peuple français au président François Hollande. Le Mali a été très difficile pour nous au niveau de la Cédéao (Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest). Nous avons travaillé ensemble avec tous les chefs d’Etat. Maintenant les choses semblent être maîtrisées, mais évidemment la menace est toujours là. Moi, je suis très heureux de la coalition qui se forme au plan international. Malgré nos faibles moyens, nous considérons que nous faisons partie de cette coalition pour combattre l’extrémisme et le terrorisme.

Ebola a fait l’objet d’une réunion à haut niveau à l’ONU. La directrice de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a dit avant que la situation s’améliore, elle va empirer. La Côte d’Ivoire est voisin de pays grandement touchés. Vous êtes prêts à faire face à l’épidémie?
Je souhaite qu’elle ait tort bien que, bien sûr, j’ai beaucoup de respect pour madame Margaret Chan. En tout cas, à la date d’aujourd’hui, il n’y a aucun cas d’Ebola en Côte d’Ivoire. Et nous faisons tout pour que cela demeure. Nous avons tout un système de prévention. Donc dès que quelqu’un d’abord à l’arrivée bien sûr, il y a un contrôle de la température et donc le traitement de cette personne est fait de manière très efficace. Tout le dispositif est en place en Côte d’Ivoire aussi bien aux frontières, aux aéroports comme au port.

En politique intérieure, Henri Konan Bedié s’est rallié à votre candidature pour la prochaine présidentielle d’octobre 2015. Il a annoncé que son parti ne présenterait pas de candidat. Ça a suscité la colère de quelques militants au sein du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) ? Est-ce que vous ne pensez pas que cette décision risque d’altérer la sérénité du scrutin ?
Bien au contraire, c’est un acte fort qu’il a posé, c’est un homme d’Etat. Nous nous sommes réconciliés il y a à peu près dix ans. J’ai un gouvernement qui est dirigé par un Premier ministre de son parti. Le ministre des Affaires étrangères est quelqu’un de son parti, et nous travaillons en équipe. La Côte d’Ivoire est en expansion. C’est un pays qui en trois ans a quasiment fait 30% de croissance. Vous avez déjà vu ça ailleurs ? Nous avons réhabilité les infrastructures. Nous avons reconstruit les CHU, des logements sociaux. Quand on a une évolution de ce genre, économique, sociale, bien maîtrisée avec une bonne équipe, pourquoi changer d’équipe ? C’est une équipe qui gagne.

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Que dire aux militants du PDCI qui aimeraient avoir leur candidat?
Les militants du PDCI dans leur majorité sont d’accord, je suis sûr, avec la décision du président Bédié. Il a pris le temps, il a pris une année. Puis ce n’est pas une décision unilatérale. Il y aura une convention. Le parti démocratique de Côte d’Ivoire comme son nom l’indique est un parti démocratique. Ceux qui ne sont pas d’accord pourront dire qu’ils ne sont pas d’accord.

Vous vous êtes montré véhément à l’encontre de ceux qui ne jouent pas le jeu de la Commission électorale indépendante.
Non, je ne me suis pas montré véhément. J’ai indiqué que je souhaite qu’ils reviennent à la table des discussions parce que c’est dans leur intérêt, c’est dans notre intérêt à tous. Mais je souhaite que quelque chose d’inclusif où tous sont représentés, où les élections seront comme les élections précédentes d’ailleurs en 2010, transparentes et démocratiques. Ce qui s’est passé la dernière fois, ce n’est pas la Commission électorale qui a été le problème, c’est le refus de l’ancien président de reconnaître ces résultats qui a apporté la crise. Maintenant cela est derrière nous. Si par malheur je devais perdre les élections, j’accepterais. Je pense que j’ai de bonnes chances de les gagner tout de même.

Mais à Daoukro, vous avez dit que vous envisagez de faire appel directement au ministère de l’Intérieur pour organiser le scrutin ?
Non, ne revenez pas sur tout ça. Evidemment, c’était une boutade. Le FPI (Front populaire ivoirien), ce sont des gens que je connais bien. C’était une boutade pour leur dire, ne vous amusez pas à ce jeu-là parce que ça peut vous coûter cher. Je pense que mes sœurs et frères du FPI reviendront à la table de la Commission électorale indépendante pour participer au débat de la Commission.

En juillet 2013, la chambre d’accusation du tribunal d’Abidjan a déclaré que plus de quatre-vingts responsables de l’ancien régime de Laurent Gbagbo seraient jugés en cour d’assises. Plus d’un an plus tard, pourquoi ces procès n’ont pas commencé ?
La justice a son rythme. Je suis pour l’Etat de droit. Je ne veux pas tout de même remplacer le procureur, le juge, le ministre de la Justice. Mais je tiens que ces choses se fassent dans des délais raisonnables. Si d’ici la fin de l’année, le début de l’année prochaine, toute une série de procès sont terminés, ce serait bon pour l’efficacité de la justice en Côte d’Ivoire.

Par rfi.fr via JournalDuCameroun

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