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Air France dans le collimateur du gouvernement camerounais

Air_France - douala

La compagnie aérienne française a caché un «incident grave» aux autorités camerounaises. Le gouvernement camerounais en a après la compagnie aérienne Air France. Le 02 mai 2015, l’alarme de proximité sol encore appelée EGPWS (Enhanced ground Proximity Warning System) du Boeing 777 immatriculé FGSPG, exploité par Air France, se déclenche au cours de la phase de croisière du vol de Malabo vers Douala. Le vol AF 953, qui avait à son bord 23 passagers et 13 membres de l’équipage, s’était déporté sur la gauche de sa trajectoire pour se retrouver finalement près du Mont Cameroun, haut d’environ 4.000 m.

Le Boeing d’Air France a été si près de cette impressionnante montagne qu’un avertissement oral d’un système d’avertissement automatique, a instruit aux pilotes de «redresser» l’avion, si l’on s’en tient aux explications du Bureau d’Enquêtes et d’Analyses Français (BEA) qui s’est penché sur cet incident qualifié de grave, selon les protocoles aériens internationaux. Dans le petit champ lexical de l’aéronautique, un «incident grave» est un accident qui a «failli se produire», ou alors a été «évité de justesse ».

Voilà aujourd’hui, l’objet du courroux du gouvernement camerounais que la compagnie Air France n’a pas trouvé opportun d’informer, en violation non seulement des dispositions réglementaires nationales, mais également des règles d’aviation civile internationale, les faits s’étant déroulés sur son territoire. C’est au Bureau d’Etudes et d’Analyses français que la compagnie Air France a réservé la primeur de sa mésaventure alors que lors de son atterrissage à Douala, la compagnie aurait dû alerter les officiels camerounais.

«L’incident grave s’étant produit dans l’espace aérien du Cameroun (Etat d’occurrence), les réglementations nationales et internationales en la matière disposent que la conduite de l’enquête technique lui incombe, bien qu’il soit en droit d’en déléguer tout ou une partie à un autre Etat. Il se trouve que la compagnie Air France a omis de notifier l’incident grave au Cameroun, comme cela est réglementairement prévu, mais en a plutôt informé le Bureau d’Enquêtes et d’Analyses français (BEA). Ce dernier nous en a fait notification, en nous informant au passage de l’ouverture d’une enquête technique par ses soins.

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Procédure qui au demeurant suscite au minimum des interrogations, car ne répondant pas aux normes en la matière», peut-on lire dans une correspondance du ministre des Transports, Robert Nkili, datée du 22 juin 2015, et adressée aussi bien à la présidence de la République qu’à la Primature. Ignoré par la compagnie Air France, le gouvernement a informé le BEA du défaut de notification de la compagnie aérienne française et notifié l’incident à l’Organisation de l’aviation civile (OACI). De même, il a nommé comme enquêteur désigné, Mme Afouba et mis sur pied une commission d’enquête technique présidée par Doum Marcel.

Reste à savoir si l’attitude d’Air France que certains officiels camerounais assimilent à de la défiance ou, au mieux, à un manque de considération, restera impunie. «Tout accident ou incident affectant ou pouvant affecter la sécurité d’un aéronef, survenu au sol ou dans l’espace aérien, doit être déclaré aux autorités compétentes les plus proches par le Commandant de bord, l’exploitant ou le propriétaire de l’aéronef impliqué», stipule en effet l’alinéa 1 de l’article 71 de la loi n°2013/010 du 24 juillet 2013 portant régime de l’Aviation civile au Cameroun. Quid des sanctions ?

«Cela est une autre paire de manches. La commission d’enquête technique doit dégager toutes les responsabilités et Air France doit faire amende honorable pour ne pas laisser prospérer de tels agissements», indique une source au ministère des Transports.

cameroonweb

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