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Aide à la communication privée: Un compte d’affectation spéciale pour sauver les médias

Issa-Tchiroma-Ahmed-Abba-Communication-Ahidjo-Cameroun

C’est l’annonce qui a été faite par le ministre de la Communication lors de la conférence de presse qu’il a donnée jeudi 30 octobre 2014 à Yaoundé.

«En l’occurrence, il apparaît que le faible impact du système d’aide publique actuellement en vigueur, tient davantage au caractère relativement limité de l’enveloppe budgétaire consacrée à cette aide, plutôt qu’à la structure ou aux critères d’octroi de l’aide elle-même ». précise Issa Tchiroma, ministre de la Communication. Pour résoudre cette insuffisance criarde, le Mincom a jugé important de mettre sur pied, un compte d’affectation spéciale : « il a donc été envisagé de penser une mutation du système d’aide actuel vers la mise en place d’un compte d’affectation spéciale pour le développement des médias à capitaux privés, alimenté par des ressources générées par le secteur de la communication lui-même ; à partir des activités à fort potentiel de rentabilité». Ce compte d’affectation spécial, qui sera sur pied selon ses souhaits dès l’année 2015, permettra d’accroître l’aide actuellement insignifiante accordée à la presse privée au Cameroun.

A ce sujet, les chiffres parlent d’eux-mêmes : entre 2001 et 2014, 900 bénéficiaires relevant du secteur de la communication privée, ont bénéficié de 2 milliards 385 millions FCfa, alloués à cet effet. En 12 exercices budgétaires donc, chaque bénéficiaire aurait reçu la somme de 2 millions 700 mille francs, soit 225 000 Fcfa par an et par bénéficiaire, une somme vraiment dérisoire, au regard de ce à quoi elle devrait servir, d’après les répartitions du ministère de la Communication. Les fonds devraient en principe servir, en matière d’équipement pour une subvention à l’acquisition du matériel professionnel, en matière d’exploitation, pour une aide financière à la production d’une information de qualité, à l’achat des intrants essentiels servant à la fabrication des journaux, aux frais connexes inhérents au travail journalistique, une allocation financière pour la couverture des grands évènements nationaux et internationaux, subvention également à la remise-distributeur et au retour des invendus.

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167 bénéficiaires cette année

Pour le dernier aspect, en matière de renforcement de capacités, une aide à la formation continue, soit pour la participation aux stages de recyclage et de perfectionnement, participation aux colloques et séminaires nationaux et internationaux. Evidemment, ladite somme ne peut en aucun cas, suffire pour de tels projets. Pourtant, le Mincom soutient que, le problème ne réside pas dans la pléthore des publications. Or, il faut le reconnaitre, ladite somme, aussi modique soit-elle, aurait pu être signifiante, si un tri rigoureux était fait. Tient par exemple, pour cette seule année 2014, 209 dossiers ont été déposés, soit 06 de plus qu’en 2013. A l’issue des délibérations, 167 structures de communication ont été retenues, et 42 dossiers ont été rejetés. Ainsi, 71 organes de presse écrite ont été retenus, 11 radios commerciales, 42 radios communautaires, 05 chaînes de télévision, 03 producteurs audio-visuels, 06 imprimeries, 29 organisations professionnelles.

Même si le problème ne réside pas dans les critères de sélection et la pléthore des organes, le Mincom envisage néanmoins d’améliorer les critères d’éligibilité pour accéder au bénéfice de l’aide octroyée. En plus des pièces à fournir désormais, il faudra en plus, le fonctionnement continu des radios et des télévisions, la visibilité et l’animation permanente des sites d’informations, le respect de la périodicité pour les organes de presse écrite, pour les imprimeries, le versement dans leurs dossiers de candidatures, des éléments attestant de ce qu’elles impriment effectivement des journaux et enfin, l’insertion au dossier de candidature de la carte du contribuable.

© Florette MANEDONG | Le Messager

Focal: Le Mincom assimile les journalistes aux agents de renseignements

La question de la comparution de 03 journalistes au tribunal militaire de Yaoundé, n’a pas été à l’ordre du jour de la communication d’Issa Tchiroma, au grand regret des journalistes venus nombreux. Eux qui espéraient être entretenus sur la question, ou tout au moins, avoir le point de vue du ministre de la Communication. Malgré cette déception, le reporter de votre journal a su tirer les verres du nez d’Issa Tchiroma à la fin de la rencontre avec la presse. Fidèle à lui-même, le Mincom, a commencé par revenir sur la situation actuelle que traverse le pays. Un climat de guerre avec, s’il fallait encore le prouver, les enlèvements récents et tueries dans le Nord du pays. Pour lui, il devient donc important, voire primordial, qu’une personne, quel qu’elle soit, possédant des informations pouvant servir à mettre fin à ce climat de terreur, aille les livrer aux autorités aux fins de procéder à des arrestations et calmer quelque peu le jeu. A la question de savoir s’il a eu vent des informations dont il question dans le cadre de cette affaire, le Mincom dit ne pourvoir s’étaler en détail sur la question, l’affaire étant encore en instruction.

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