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Afrique Média s’en prend aux activistes des droits de l’’homme du Redhac

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Au cours des émissions de débat organisées par cette chaine de télévision dite panafricaniste basée au Cameroun et en Guinée Equatoriale, des panélistes auraient menacé de mort les membres du Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale (Redhac). Ils accusent cette organisation, le Redhac, d’être financée par l’Occident pour déstabiliser le Cameroun.

Décidément, Afrique Média n’en finit pas de dessiner le « diable occidental » sur tous les murs. Y compris sur celui des organisations de défense des droits de l’homme qui se battent bec et ongles contre l’arbitraire et les injustices en Afrique. Mais la télévision dite panafricaine, porte-voix des dictateurs les plus féroces de l’Afrique érigés par la chaîne de télé en panafricanistes, y voit plutôt des bras séculiers des officines occidentales qui, d’après elle, seraient en train de tramer un mauvais coup contre le Cameroun.

En effet, dans un communiqué publié récemment, le Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale (Redhac) a fait part de son inquiétude suite aux propos véhiculés par certains panélistes dans le cadre des émissions de débat diffusées sur cette chaine de télé et en appelle à « toute action » concourant à « la sécurité du REDHAC, de la Directrice Exécutrice Mme Maximilienne NGO MBE et de tous les bénévoles du REDHAC ».

Au cours de l’émission « Le Débat panafricain » le 1er mars dernier, rapporte le Redhac, l’un des panélistes, Jules Njawe, fils de feu Pius Njawe (directeur du journal Le Messager) et porte-parole autoproclamé de la jeunesse africaine aurait menacé de brûler le Redhac et de s’en prendre physiquement à sa directrice exécutive, Maximilienne Ngo Mbe comme ce fut le cas avec un autre activistes des droits de l’homme tué à bout portant en Russie : « le REDHAC ne devrait pas exister », a-t-on entendu de la bouche de M.Njawe, ainsi que le rapporte le communiqué du Redhac. Par ailleurs, le blog d’un certain René Kissamba, qui n’est que l’appendice cybernétique d’Afrique Média, a pointé du doigt Mme Ngo Mbè en l’accusant de forcer « le gouvernement camerounais à admettre l’homosexualité dans la constitution alors qu’elle même n’est pas homosexuelle et a des enfants ». Et le blog d’ajouter « d’autres ONG sont là tapies dans l’ombre et vous les verrez le moment venus. Expulsez les et combattez les avec la dernière énergie ».

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Droits de l’homme et lutte contre Boko Haram

Le média accuse également le Redhac de recevoir des financements des Américains et de l’Union européenne pour déstabiliser le Cameroun et de soutenir les homosexuels. Le 23 février 2015, à en croire le Redhac, un paneliste, le nommé Parfait NDOM, aurait déclaré au cours de l’émission Le Mérite Panafricain : « Mme Maximilienne marche d’ambassade en ambassade, elle a une ONG qui s’occupe des homosexuels, qu’est qu’elle en sait des droits de l’Homme? ». La présidente du Réseau, Me Alice Nkom n’a pas été épargnée par les foudres des « panafricains ». Cette dernière a été traitée de « sorcière » au cours de cette même émission par Banda Kani, président d’un parti politique.

Le seul péché du Redhac aux yeux d’Afrique Média est d’avoir condamné les violations des droits de l’homme dans le cadre de la lutte contre la secte islamiste Boko Haram dans le Grand Nord. Mais Afrique Média y voit une manœuvre de l’Occident, notamment de la France pour mettre le feu au Cameroun. Doit-on prendre au sérieux de telles déclarations relayées par une chaîne de télé qui entretient une certaine « occidentophobie » dans les consciences africaines pour cacher les véritables coupables de l’échec de l’Afrique ? Doit-on prendre au sérieux une chaîne de télé qui pose une couronne de panafricanistes à des suppôts irréductibles de la Françafrique pour qui le seul tort des Occidentaux est d’avoir exigé l’alternance au pouvoir dans leur pays respectif ainsi que le respect scrupuleux des droits de l’homme ?

Nous osons croire que le Conseil national de la communication, dans les jours à venir, fera bon usage de ces menaces à peine voilée à l’intégrité physique des défenseurs reconnus des droits humains ainsi qu’à ces déclarations jugées mensongères par le Redhac .

hurinews.com : Michel Biem Tong

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