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Afrique Média : Justin Tagou abandonne ses journalistes accidentés en Guinée Equatoriale

Afrique-Media

Une dizaine de journalistes et panélistes de la chaîne panafricaine Afrique Média ont été abandonnés dans un hôpital de Bata par leur patron après un accident de circulation dont ils ont été victimes au retour de la cérémonie d’ouverture du congrès du PDGE parti au pouvoir de ce pays.

Inhumain voire cruel, pourrait-on qualifier l’acte que vient de poser Justin Tagou, le Pdg de la chaîne panafricaine Afrique Média à l’endroit de ses journalistes et panélistes. Partis du Cameroun le 09 novembre dernier dans une forte délégation pour assister au congrès du parti au pouvoir le PDGE (Parti Démocratique de la Guinnée Equatoriale), huit journalistes et panélistes de cette télévision ont failli perdre leur vie au cours d’un accident de circulation survenue sur la route Bata- Mbini. Selon notre source à Bata qui a vécu la scène, ces journalistes, au nombre de huit dont Rodrigue Tchokodjeu, Henriette Ekwe, Patient Parfait Ndom, Joséphine Ndenha, Beni Christ,… dont les visages sont assez connus des téléspectateurs de cette chaîne, devaient assister à la cérémonie d’ouverture du congrès extraordinaire du PDGE le 10 novembre à Bata.

Apparemment logé à Mbini, une ville voisine à 50 Kilomètres du lieu de la cérémonie, c’est la voiture qui les transportait à savoir une Mercedes 500 conduite par un chauffeur visiblement soul, qui les a entraîné dans une mangrove après plusieurs tonneaux. La voiture est stoppée par la boue en plein mangrove qui mure le fleuve Mbini dont la ville porte le nom. Les journalistes seront extraits du véhicule fortement endommagé. Quelques uns s’en sortiront avec de petites écorchures, pendant que d’autres seront victimes de blessures graves dont Joséphine Ndenha, une côte cassée et Henriette Ekwe trois côtes fracturées. Ils seront transportés urgemment au Centro Médico La Paz de Bata, un hôpital de référence tenu par les médecins israéliens où ils seront soumis aux soins intensifs. Jusque-là aucune présence, ni une assistance de Justin Tagou, le responsable de la chaîne. Les victimes apprendront que leur patron serait rentré précipitamment au Cameroun apportant avec lui leurs perdiems et les abandonnant en souffrance à l’hôpital. Une absence d’assistance assez grave doublée de mépris pour la vie humaine et de cupidité qui contribuent à rendre plus traumatisante la situation chez les blessés.

La plus âgée de tous à savoir Henriette Ekwé a été jointe au téléphone et confirme l’information sur l’accident et ajoutera qu’ils ne prendront malheureusement pas part à la cérémonie pour laquelle ils ont été conviés à cause de ce malheureux incident. Très fatiguée, elle continue ses soins dans la capitale économique Douala, loin de l’assistance encore une fois de plus de Justin Tagou. Absence d’assistance et mépris

Fort heureusement pour eux, les soins seront pris entièrement en charge par la présidence de la Guinée Equatoriale lorsque l’information est arrivée en haut lieu. La surprise viendra d’un membre du gouvernement venu s’enquérir des nouvelles sur place. Le Ministre descendu sur les lieux est étonné d’apprendre que ses hôtes sont logés à Mbini à 50 km de Bata où se tient le congrès alors que leur hôtel était réservé à Bata. « Que faisiez-vous à Mbini !», s’exclame-t-il. « Monsieur le Ministre, répond l’un d’eux, le Directeur nous a fait comprendre que tous les hôtels étaient occupés à Bata, c’est pour cela qu’on est venu nous loger à Mbini ». Tombé des nues, le Ministre réalise la supercherie. Ce membre du gouvernement ne savait cependant pas à qui déverser son irritation, la personne incriminée, en occurrence Justin Tagou n’étant pas présente. Néanmoins, comme tout bon filou, il suivra la situation à distance à travers ses « antennes » restées à Bata. Après quelques jours d’hospitalisation, le responsable d’Afrique Média au lieu de s’indigner, s’en prend, via ses informateurs, plutôt à ses journalistes. « Mais que font-ils encore à l’hôpital ? », s’écrit-il d’un ton menaçant.

Impolitesse

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En réalité, dans son plan, après deux jours de congrès, ceux-ci auraient déjà dû quitter Bata, ne mesurant pas l’ampleur du mal dont ils sont victimes. En prolongeant leur séjour à Bata, le Pdg avait une peur bleue non seulement que l’un d’eux noue un contact direct avec une autorité mais aussi que la facture des soins s’élèvent et reviennent à sa charge. Ne sachant pas que la présidence avait déjà pris l’engagement de s’occuper des blessés. Mis au courant de l’évolution de la situation et redoutant que son image ne soit éclaboussée auprès de ses financiers, il chargera Jean de Dieu Ayissi, un autre journaliste et panéliste bien connu, qui aurait échappé à l’accident pour s’être avancé avec un autre véhicule, de pondre un rapport incriminant à l’endroit des journalistes selon lequel ces derniers auraient choisi de leur propre gré de loger à Mbini qui représentait pour eux un symbole pour avoir hébergé les Lions Indomptables pendant la dernière Coupe d’Afrique des nations. Poussant ainsi au paroxysme le degré d’impolitesse à l’endroit de ses collaborateurs. Ensuite, pour donner l’impression de ne pas apparaitre insensible, il enverra depuis le Cameroun, sous la pression d’une de ses relations installée à Malabo, une somme de 100 000 Fcfa à chaque journaliste. Un montant incapable de supporter un moindre soin et très loin de celui perçu (près de 5 millions pour chacun) auprès des autorités. Depuis lors, nous avons essayé de le joindre à plusieurs reprises pour avoir sa version des faits, son téléphone reste systématiquement fermé. Couper tout contact avec les autorités

Un comportement qui ne surprend pas ceux qui côtoient le Pdg de Afrique Média. Car, déclarent-ils, l’homme ne serait pas à son premier forfait de ce genre. En plus, il serait coutumier à ce type de coup. Le dernier en date de la période de la délocalisation de la chaîne pour Ndjamena après la décision du Conseil national de la communication du Cameroun de suspendre la chaîne pour un mois. Les journalistes et panélistes partis présenter une émission au Tchad, après avoir merveilleusement rempli leur mission, ont été sortis de leur chambre d’hôtel très tôt le matin, le sommeil dans les yeux, pour l’aéroport, lorsque le Directeur du cabinet de la présidence de la république du Tchad a manifesté le désir de les rencontrer. Moubarack Ketchimen, un des panélistes réguliers sur les plateaux de cette chaîne, chargé de mettre en application la salle besogne, a failli, dans son zèle, en arriver aux mains avec Jean de Dieu Ayissi. Le but étant de couper toute possibilité de contact que les journalistes et panélistes pourraient avoir avec les autorités de leur pays hôte. Raison pour laquelle, pour ce qui est le cas de la Guinée Equatoriale, ils ont été largués du côté de Mbini. On aura droit aux agissements semblables lors du dernier sommet de l’Union Africaine et de la remise du Prix de l’Unesco qui ont eu lieu en 2014 à Malabo. Les journalistes ont été jetés dans les hôtels en périphérie sans moyen de se mouvoir dans la ville. Le patron s’arrangeant de ne leur donner un seul sous au départ mais plutôt à leur arrivée à Douala. En plus, il a toujours trouvé le moyen, lui-même, de percevoir leurs perdiems et leur remettre une somme à sa convenance.

Panafricanisme comme fond de commerce

En effet, Justin Tagou, qui n’est pas un enfant de cœur, ne voudrait pas que ses financiers sachent la misère qu’il crée à ses journalistes et ses différents panélistes. Payés à hauteur de 1000 euros par mois chacun par ses financiers de l’ombre, selon une information de source concordante, le patron de Afrique Média ne verserait même pas le quart à un des journalistes et panélistes. Même le peu qu’il décide de leur donné, n’est pas fait de manière régulière. Tagou aurait donc fait du panafricanisme un fond de commerce dont il est le seul à ne pas croire. La preuve, il n’a aucun respect des intelligences qui apporte leur expertise sur les différents plateaux de sa télévision. Où parfois, on mélange les torchons et les serpillières sur un même plateau dans le but erroné de noyer l’indispensabilité des panélistes à l’expertise avérée. Sauf qu’un background ne s’improvise pas, il se construit dans la durée. Et, ça ressent dès la première phrase émise. Au point où de nombreux téléspectateurs s’interrogent parfois sur les critères de choix de cette chaine qui impose certains débateurs sans épaisseur dont les analyses font souvent dans tous les sens. La scène qui s’est passé à Bata il ya deux semaines, vient ainsi démontrer le degré de cynisme de cet entrepreneur de média à l’endroit de ses journalistes dont beaucoup, rentrés au pays ne sont pas encore remis de leurs blessures. Un cynisme entretenu dans son comportement au quotidien à l’endroit de ses employés et collaborateurs. Pour ne citer que ce cas retenu au cours d’une conversation filtrée, quand un de ses panélistes lui fait la remarque sur la mauvaise image véhiculée par la chaîne en laissant son présentateur vedette en occurrence Mouhamed Bachir rouler en moto. Tagou pique une colère noire d’entendre quelqu’un prendre la défense entrant dans le cadre du confort et de l’amélioration des conditions de travail de son employé. Mais croit-t-il vraiment aux idéaux prônés par sa chaîne ? On s’en doute. Le panafricanisme s’est aussi de l’humanisme comme il a coutume de nous le rabâcher.

© Correspondance particulière pour Camer.be : Félix Epée

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