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Affaire du photomontage : Le sérail en ébullition

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Le pouvoir se montre déterminé à débusquer et sanctionner les auteurs de l’image querellée. Une semaine après la publication sur le site de la présidence de la République d’un photomontage faisant croire que le chef de l’Etat a personnellement rendu hommage aux soldats tombés sur le champ d’honneur, la polémique ne cesse d’enfler.

Le communiqué servi par le ministre de la Communication, 48h après l’incident, qui attribuait cet acte à des pirates informatiques, est de plus en plus relativisée dans le sérail, parce que «simpliste». Avec ce démenti, la thèse d’un complot ourdi par des médias camerounais, défendue avec les tripes sur des plateaux télé le week-end dernier par des thuriféraires du régime, tend à mourir de son propre poison.

Les enquêtes ouvertes, sur instruction du chef de l’Etat, visent à établir les responsabilités au sein de la présidence de la République et en dehors. Ainsi, des responsables en service au cabinet civil (notamment à la cellule de communication), mais aussi des directeurs de publication ont déjà été cuisinés par des agents du Secrétariat d’Etat à la Défense (Sed) ou de la Direction générale de la recherche extérieure (Dgre).

Les questionnaires gravitent autour des mêmes centres d’intérêt : quel jour le photomontage est-il apparu sur le site de la présidence de la République ? Combien de temps a-t-il mis sur ce site avant d’être retiré ? Quelles peuvent être les intentions des auteurs de cette publication ? Qui sont-ils ? Comment la presse a-t-elle été mise au parfum du scandale ? L’information a été vérifiée auprès de quel responsable de la Présidence ? Si la thèse du piratage est validée, est-ce que tout a été fait pour sécuriser le site de la Présidence?

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A ce stade de l’enquête, l’étau semble se resserrer autour du directeur adjoint du cabinet civil de la présidence de la République, Joseph Le, qui coordonne la gestion du site d’information en question. Contacté par Mutations hier, l’intéressé a juste eu le temps de décrocher et de raccrocher brutalement, après les premières civilités. Le message électronique (sms) qui lui a été adressé, dans la foulée, n’a pas reçu de réponse.

Des soupçons pèsent également sur le webmaster de ce site, qui lui, n’aurait fait qu’«exécuter des instructions». Dans leur ligne de mire, les enquêteurs ont aussi ?? le prestataire public en charge de la sécurisation du site internet de la présidence de la République. Mais dans leur obsession à désigner des coupables, il n’est pas exclu que des « stratèges » fassent porter le chapeau, à tort ou à raison, à certains activistes de la place. Les interpellations signalées ici et là ne seraient guère innocentes.

A l’analyse, le pouvoir est déterminé à faire la lumière sur cette affaire dont on aurait pu faire l’économie, en ce moment où le pays tout entier est mobilisé sur le front de la guerre contre la secte terroriste Boko Haram.

Sources : 

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