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Affaire des 70 milliards du prebap : Emmanuel Bondé livre Nganou Djoumessi

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Le ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique (Minimidt) oriente les enquêtes vers son collègue de l’Economie, du Plan et de l’Aménagement du territoire (Minepat) qui a piloté depuis plus de 3 ans, le projet de reconversion économique de la filière banane plantain (Prebap).

C’est un véritable jeu de ping-pong en rejet de responsabilités auquel se livrent désormais les protagonistes du projet Prebap. Au moment où l’opinion exige une ouverture d’une information judiciaire, c’est chaque acteur de la chaîne qui entend sauver sa tête dans cette rocambolesque maffia. En tête, le Minimidt Emmanuel Bondé.

 En effet, pour couper court à la confusion, l’ancien ministre de la Fonction publique ne fait pas de mystère pour livrer sur un plateau son collègue du Minepat. Il brandit pour cela une lettre du 19 janvier 2015 adressé au secrétaire général de la présidence de la République dans laquelle il indique, sans fioriture, que c’est Emmanuel Nganou Djoumessi, himself, qui a hérité du dossier Prebap, avant que le secrétariat de la présidence de la République ne prenne l’affaire finalement en main.

On peut y lire : « J’ai l’honneur de vous faire connaître que le ministre en charge de l’Industrie  a assuré le pilotage de ce programme jusqu’en 2011, date à laquelle le dossier a été transféré au ministère de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat), sur hautes instructions du Premier ministre, chef du gouvernement, pour sa mise en œuvre. J’ai transmis par lettre séparée de ce jour votre correspondance au Minepat pour compétence et suite à donner.»
 
Immunité factice.

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 Suffisant pour nourrir dans certains cercles l’information selon laquelle cette mise au point d’Emmanuel Bondé fait suite à la détermination de la présidence de la République à tirer au clair cette affaire à forts relents de détournement de deniers publics. Pour les tenants de cette information, Il n’est exagéré que tous les membres du gouvernement, directeurs généraux de société (Yaou Aïssatou, Evou Mekou) et autres pontes du régime (Tsimi Evouna, Clobert Tchatat) mouillés dans le scandale fassent l’objet, dans les prochains jours, des convocations du procureur de la République près le Tribunal criminel spécial (Tcs). Même si de ce côté, l’on s’entend dire que seul le chef de l’Etat, Paul Biya, peut contraindre les ministres à faire le déplacement du palais de justice.

Mais on peut subodorer, au vue de la gravité des faits, et concernant ceux dans le viseur du Tcs, que cette immunité factice finira bien par se dissiper d’elle-même. Il va de soi que Emmanuel Bondé, de son côté, veut rassurer Ferdinand Ngoh Ngoh au cas où il y aurait des indélicatesses dans la gestion du projet Prebap, depuis 2011.

Mais serait-il sans reproches au regard de tous les louvoiements et autres incohérences qui ont poussé dans les flancs du Prebap depuis près de 4 ans ? En tous cas, nos sources au palais de l’unité s’accordent à dire que la lutte contre la corruption et les détournements de fond publics reprendra des plus belles, contrairement à ceux qui continuent de narguer la justice. Seulement selon nos informations, cet état de grâce aurait néanmoins du mal à résister aux preuves accablantes rassemblées contre eux et qui doivent incessamment faire l’objet d’enquêtes approfondies. Ainsi caricaturé, tous les observateurs sont unanimes sur un seul fait : le jour où tous ces protagonistes iront au Tcs, tout va se savoir…

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