Depuis une semaine, la Société nationale qui gère l’électricité et dénommée Aes Sonel communique à l’endroit de ses consommateurs.

Le message que cette entreprise passe dans les tabloïds de la place est en vertical sur leur Une. En décryptage, voici comment se présente ce message qui est signé de Aes-Sonel: “Qui aime le noir paye sa facture en retard”. Explication: si vous ne payez pas votre facture de consommation d’électricité à la date indiquée, cette entreprise vous plongera dans la pénombre en vous supprimant la fourniture d’énergie électrique.

“les bons comptes font les bons amis”

En filigrane et en amont de ce message menaçant, Aes-Sonel “s’engage” en présentant une belle négresse souriante qui nous rappelle ostensiblement que “les bons comptes font les bons amis”; moralité, il faut payer à temps sa facture pour rester l’ami de cette compagnie d’électricité. Dans un pays normal, dans un environnement correct, cette entreprise se garderait de ce genre de communication. Elle communiquerait autrement, c’est à dire pour se réconcilier d’abord avec son public consommateur, pour refaire son image ensuite et surtout. Mais, à défaut de ces formes de communication préalables de crise et d’image, cette entreprise qu’on a de la peine à prononcer le nom en public, se livre à un grossier chantage à l’endroit de ses consommateurs qui ont envie d’écouter autre chose que cet odieux chantage.


Aes-Sonel, cette bâtarde prostituée,

aes-campagneVoilà une entreprise nationale monopolistique pour laquelle on a vanté les bienfaits de la privatisation, doctrine du libéralisme dominant; mais qui a réussi l’exploit d’obliger les Camerounais à implorer les temps révolus où cette entreprise nationale, gérée par les Camerounais dans le holding de l’Etat, fournissait la lumière à tout le monde et partout dans la République. Ils se souviennent dans la nostalgie de cette époque où la lumière était présente et partout, les délestages des exceptions, et des moments rares. Aes-Sonel, cette bâtarde prostituée, vient de quitter le Cameroun sur la pointe des pieds, après avoir sucé jusque dans la moelle de ses os, un pauvre pays endetté d’Afrique, le Cameroun. Aes en banqueroute dans son pays d’origine, les Etats-Unis d’Amérique, s’est refait sans frais une santé , sans charges d’investissement reconnues dans son pays d’accueil.

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Des vieux poteaux hideux qui transportent des fils pendants, et qui assassinent parfois des passants honnêtes.

Les griefs des consommateurs menacés et chantés sont multiples: les factures sont élevées, sans moyens de recours possibles pour confrontation. Les ruptures intempestives de courant et des retours de lumière sans préavis, occasionnant d’énormes pertes aux entreprises et aux ménages sans espoir de réparation face à une Sonel “irresponsable”. Des vieux poteaux hideux qui transportent des fils pendants, et qui assassinent parfois des passants honnêtes. Un changement de gestionnaire sans communication appropriée et justificative. Un système de facturation et de paiement archaïque qui n’intègre pas, ou très tardivement, la modernité numérique et communicationelle.

Quand on a rien à dire, ou qu’on risque de parler à tort et à travers, il vaudrait mieux se taire

Voilà autant de maux et des griefs qui auraient obligé Aes-Sonel à communiquer autrement, à se réconcilier avec son public, à refaire son image pourrie, au lieu de menacer les consommateurs qui paieraient avec retard une énergie qu’ils ne consomment pas, ou qui la consomment au gré d’un fournisseur incompétent et insolent. Il y a des moments où le silence est un bon moyent de communication. Quand on a rien à dire, ou qu’on risque de parler à tort et à travers, il vaudrait mieux se taire. Aes-Sonel qui dispose d’un panel impressionnant de communicateurs le sait mieux que tout le monde. En forçant de convaincre et de dissuader à l’emporte pièce , cette compagnie détériore davantage son image qui n’est déjà pas ruisselante. Elle a choisi le mauvais moment et le pire des messages pour parler à ses consommateurs désabusés et frustrés par un producteur d’électricité incompétent.

© Mutations : Xavier Messè