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Aéroport de Douala, Ces chers et proches voisins !

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Autour de la zone clôturée, les populations vaquent tranquillement à leurs occupations.

« Pourquoi partirions-nous. On part quand on a trouvé mieux ailleurs. Ce qui n’est pas le cas. Ça fait douze ans que je suis ici. Nous vivons constamment dans le danger. Si ce n’est pas un incendie, ce sont les braqueurs qui nous tuent ». Joseph Gan, conducteur de moto, ne se laisse pas démonter par les remarques de ses interlocuteurs, qui lui parlent des abords de l’aéroport international de Douala comme d’une zone à risque. Les populations voisines de la zone aéroportuaire ont été rappelées au bon souvenir de l’opinion après l’incendie qui a ravagé une bonne partie du fret la semaine dernière.

Et une nouvelle fois, la question de la sécurité a été soulevée, autant pour l’aéroport que pour les habitations tout autour, notamment par le ministre des Transports, qui la semaine dernière instruisait la commission mixte d’enquête de proposer des solutions. Mais ils sont loin de toutes ces réflexions, les habitants de Newtown Aéroport et autres. Certains résidants regardent tout étranger d’un œil suspicieux, surtout une fois qu’ils ont saisi les questions posées : « Etes-vous conscient d’être dans une zone à risque ? Avez-vous été sensibilisé sur le sujet ».

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Il y a ceux qui nient catégoriquement avoir été informés d’une quelconque façon. Un habitant, préférant garder l’anonymat, assure que ceux qui résidaient véritablement sur une zone à risque, tout près du site où il y avait eu une fuite de kérosène en 2012, ont été déguerpis. Quant aux dépôts de la Scdp, ils en sont plutôt éloignés. Un autre, plus virulent, affirme que l’enceinte aéroportuaire est protégée par une clôture, ce qui devrait suffire.

A côté de ceux-là, on a Félix Tima qui reconnait qu’effectivement, la zone ne devrait pas être habitée. Il précise néanmoins : « Tout citoyen a droit à un logement décent. C’est de la responsabilité de l’Etat de nous en fournir ». Et puis il y a Ousseni, commerçant, qui vit dans le coin depuis dix ans : « Nous sommes conscients que nous occupons le terrain des Adc. Nous avons été notifiés. Nous partirons si on nous le demande ».

Et du côté des autorités, notamment le préfet du Wouri, Naseri Paul Bea, président de la commission mixte d’enquête, on reconnait que le problème de recasement des populations va se poser. Pour l’instant, la mesure préconisée est la sensibilisation. Et pour les solutions, on attend le rapport de la commission cette semaine.

© Rita DIBA |Cameroon Tribune

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