Economie

Administration provisoire de la Cbc : des banques françaises dans la mafia

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Comment Bnp Paribas et Hsbc accompagnent les multiples prédations de Martin Luther Njanga Njoh. La Commission bancaire de l`Afrique centrale (Cobac) a rendez-vous dans quelques jours avec l`histoire à Libreville. Après plusieurs mois d`atermoiements, le gendarme des établissements de crédit de la sous-région devrait enfin, dans la capitale gabonaise, se pencher sur l`épineux dossier de la Commercial Bank Cameroon (Cbc).

Elle aura devrait, enfin, choisir, entre l`affirmation de son autorité de garant de l`éthique financière à lui conférée par les pays membres et les petits accommodements entre copains, autour du processus de restructuration de la banque qui a pris de l`élasticité et charrie toutes sortes d`appétits et de dilatoires.

La Cobac est d`autant plus attendue au tournant que, le 30 janvier 2015 son président, Lucas Abaga Nchama, s`était déjà inquiété quant à l`«évolution de la situation de Cbc». Dans une correspondance au ministre camerounais des Finances (Minfi), Alamine Ousmane Mey, celui qui est aussi le gouverneur de la Banque des Etats de l`Afrique centrale (Beac) constatait qu`à l`issue de l`assemblée générale mixte des actionnaires convoquée par l`administrateur provisoire de la Cbc, Martin Luther Njanga Njoh, «l`Etat n`avait toujours pas désigné ses représentants au conseil d`administration, qui à son tour devrait désigner les membres de la direction générale».

Après avoir rappelé que la fin de la restructuration de banque camerounaise était fixée au 31 décembre 2014, et après avoir instamment demandé au Minfi «de bien vouloir user de [son] autorité pour faire avancer ce dossier», M. Abaga Nchama avait usé d`une menace à peine voilée : «La période de restructuration étant achevée sans que CBC respecte la règlementation prudentielle, je soumettrai ce dossier à l`appréciation de la Commission bancaire qui en tirera toutes les conséquences malgré les énormes efforts consentis par l`État.»

Entre-temps, plusieurs observateurs ont ressenti comme des remugles de collusion entre la Cobac, le Minfi et l`administration provisoire à multiples rallonges de la CBC. Il est en effet difficile d`expliquer autrement que la Cobac, réputée être le gendarme souverain dans son domaine, en soit toujours à jouer de la diplomatie là où elle est censée faire régner l`éthique. La Cobac, dans ses attributions, dispose en effet des pouvoirs administratif, réglementaire, de contrôle et de sanction les plus étendus. C`est elle qui délivre les avis conformes dans les procédures d`agrément et d`autorisation individuelles, qui restent toutefois une prérogative des autorités monétaires nationales. Mais elle peut, le cas échéant, prendre des mesures conservatoires en mettant un établissement de crédit sous le régime de l`administration provisoire.

Ayant un rôle de veille sur la réglementation bancaire, elle est, aussi, habilitée à nommer les liquidateurs dans les établissements qui cessent d`être agréés. Last but not least, la Cobac est un organe juridictionnel avec des pouvoirs d`intervention à titre disciplinaire, sans préjudice des sanctions, des autorités judiciaires nationales.

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Des sanctions

Elles vont de l`avertissement au blâme en passant par l`interdiction d`effectuer certaines opérations ou toute autre limitation dans l`exercice de l`activité bancaire, la suspension ou la révocation des commissaires aux comptes, la suspension ou la démission d`office des dirigeants responsables ou encore le retrait d`agrément de l`établissement.

Si quelques-uns peuvent comprendre le silence embarrassé de son président, Lucas Abaga Nchama, autour de l`administration provisoire de la Cbc, les mêmes n`arrivent toujours pas à expliquer l`attitude passéiste des commissaires représentants le Trésor français et la Banque de France, qui siègent au sein de la Cobac, et se veulent les garants de l`éthique et de la déontologie sur le secteur financier dans le monde en général, et en Afrique centrale en particulier.

On ne peut pas expliquer autrement, sinon par la concussion leur semblant d`indifférence face aux transactions douteuses qu`entretiennent l`administrateur provisoire de la Cbc, Martin Luther Njanga Njoh, avec plusieurs banques correspondantes étrangères et notamment françaises.

Depuis le 11 janvier 2016, votre journal, dans sa quête de vérité, a adressé des demandes d`information à des établissements bancaires de premier ordre tels que Bnp Paribas et Hsbc. La Météo souhaitait, entre autres, comprendre comment ces banques de premier ordre s`assuraient que les ordres exécutés, provenant de la CBC, étaient en conformité avec la règlementation alors que l`administrateur provisoire de l`émetteur était impliqué dans des opérations frauduleuses en rapport avec la lutte contre le blanchiment d`argent.

Plus simplement, l`administrateur provisoire de la Cbc, Martin Luther Njanga Njoh, ne dispose selon les textes pas d`organes sociaux : il est seul maitre à bord, ordonne directement ou délègue les pouvoirs de mouvementer tous les comptes de la banque chez ses correspondants, des ordres qui exposent les banques correspondantes à des activités mafieuses. Ces requêtes de La Météo n`ont même pas fait l`objet d`accusés de réception, confirmant ainsi une atmosphère de débauche entre coquins. Cette collusion pourrait s`étendre à d`autres banques telles que Natexis (France), American Express-Bank Francfort (Allemagne), American Express-Bank New York (États-Unis), Hsbc Bank Plc London, Fimbank Plc (Grande Bretagne).

À l`issue de la session de Libreville, la Cobac et ses administrateurs ne pourront plus se contenter d`un mièvre communiqué de mise en garde sans effets coercitifs. Autrement, ils seront cités devant le tribunal de l`Histoire pour avoir, en toute connaissance de cause, participé à la prédation en règle de la Cbc.

Michel Tafou

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