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A propos de la pétition nationale

Monsieur Ngouo Woungly Massaga (alias Commandant Kissamba) – pseudonyme du guerrier qu’il fut et reste, à l’exemple de tous ceux qui ont choisi de mourir débout que de vivre à genoux – comme « le Che », ou « Mpodol », seule véritable conscience politique en éveil , et qui survit encore aujourd’hui dans un Cameroun en déconfiture, a initié il y a quelques temps, une Pétition nationale contre la violation par le Président Paul Biya de l’Article 66 de la Constitution de décembre 1990.

Cette Pétition est accompagnée par un texte de motivation intitulé « Philosophie de la Pétition nationale ». Outre le fait que tout Camerounais, qui se considère patriote, indigné et préoccupé par les forfaitures et autres régicides perpétrées sans cesse par des gouvernants sans foi ni loi, devrait la signer sans réserve, et, sans entrer dans une polémique interne à l’UPC qui y figure, c’est la partie relative à l’apathie du peuple camerounais qui m’a amené à déroger à la règle de distanciation que je me suis imposée par rapport à la cacophonie qui a envahi depuis longtemps, les espaces de débat politique dans notre pays ; où de pures absurdités et des contresens se mêlent sans vergogne et sans retenue aux invectives !

Or face à la gravité de la situation que connaît le Cameroun et aux enjeux cruciaux qui se profilent à l’horizon, un minimum de sérieux exige de la part de ceux qui prétendent nous gouverner un jour, des plages de silence pour la réflexion et la méditation, l’urgence de s’atteler à l’élaboration des stratégies intelligentes permettant d’arracher notre pays des griffes de l’ogre-RDPC qui le dépèce depuis si longtemps !

Ainsi donc, dans « Philosophie de la Pétition », le Commandant Kissamba écrit : « « Le Peuple Camerounais offre aujourd’hui au Monde le triste et scandaleux spectacle d’un peuple qui est resté passif, vautré dans la lâcheté, la peur et la veulerie pendant près de vingt ans, alors que le Président de la République violait cyniquement un article-clé de la Constitution, l’article 66, celui-là même qui aurait permis de lutter efficacement contre la corruption ». « Constat effarent » dit-il ! Mais le Commandant Kissamba, vétéran de l’UPC et l’ALNK doit savoir mieux que quiconque – à l’exception bien entendu des pseudo-opposants politiques – que pour agir, un acteur politique sérieux engagé dans la lutte contre la tyrannie des pouvoirs absolus, doit tenir compte de la nature humaine. L’Histoire nous enseigne que les peuples, en général, ne brillent pas souvent par des qualités de courage voire de bravoure… La lâcheté et la pleutrerie sont des comportements communément partagés par des peuples. Il faut dire aussi que souvent, les dictateurs qui perdurent au pouvoir, le font avec la passivité complice des peuples qui sont pourtant victimes de leur tyrannie. Et ceci, depuis toujours. Voici ce qu’écrivait à ce sujet en 1530, Etienne de la Boëtie, jeune magistrat français, qui fut par ailleurs contemporain d’un certain Nicolas Machiavel, auteur de « l’Art de la guerre » et du fameux « le Prince » – opuscule plus célèbre que le premier qu’il rédigea à l’intention de César Borgia, fils aîné du Pape Alexandre IV – : « Comment il se peut que tant d’hommes, tant de bourgs, tant de villes, tant de nations supportent quelquefois un tyran seul qui n’a de puissance que celle qu’ils lui donnent, qui n’a de pouvoir de leur nuire qu’autant qu’ils veulent bien l’endurer, et qui ne pourrait leur faire aucun mal s’ils n’aimaient mieux tout souffrir de lui que de le contredire. Chose vraiment étonnante – et pourtant si commune qu’il faut plutôt en gémir que s’en ébahir –, de voir un million d’hommes misérablement asservis, la tête sous le joug, non qu’ils y soient contraints par une force majeure, mais parce qu’ils sont fascinés et pour ainsi dire ensorcelés par le seul nom d’un, qu’ils ne devraient pas redouter – puisqu’il est seul – ni aimer – puisqu’il est envers eux tout inhumain et cruel.

Telle est pourtant la faiblesse des hommes : contraints à l’obéissance, obligés de temporiser… »

Il poursuit : « Mais ô grand Dieu, qu’est-ce donc cela ? Comment appellerons-nous ce malheur ? Quel est ce vice, ce vice horrible, de voir un nombre infini d’hommes, non seulement obéir, mais servir, non pas être gouvernés, mais être tyrannisés, n’ayant ni biens, ni parents, ni enfants, ni leur vie qui soit à eux ? De les voir souffrir les rapines, les paillardises, les cruautés, non d’une armée, non d’un camp barbare contre lesquels chacun devrait défendre son sang et sa vie, mais d’un seul ! Non d’un Hercule ou d’un Samson, mais d’un hommelet, souvent le plus lâche, le plus efféminé de la nation, qui n’a jamais fleuré la poudre des batailles, ni guère foulé le sable des tournois, qui n’est pas seulement inapte à commander aux hommes, mais encore à satisfaire la moindre femmelette ! Nommerons-nous cela lâcheté ? Appellerons-nous vils et couards ces hommes soumis ? ».

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Ce constat si pertinent – et ô combien – que faisait de la Boëtie il y a cinq siècles est plus que jamais d’actualité. Surtout en Afrique et notamment au Cameroun, notre cher et beau pays ! Heureusement que d’autres peuples plus courageux, à l’instar de ce qui s’est passé dans le monde arabe, mais aussi en Afrique, démontre qu’aucun tyran ne peut être sûr d’être à l’abri d’un retournement de situation. Cependant, pour que de tels évènements surviennent, il faut qu’il y ait, au sein d’un peuple, des gens prêts à tous les sacrifices.

S’agissant des Camerounais – qu’on ne peut pas jusqu’à maintenant identifiés comme « peuple *» – et, en cela les fondateurs de l’UPC ne s’étaient pas trompés en appelant leur mouvement « Union des Populations du Cameroun », le constat du Commandant Kissamba, aussi effarent soit-il, ne peut cependant pas être si étonnant ; là où le règne des bas-instincts a triomphé de tout, le salut ne peut provenir du peuple.

Parfois, le peuple est suiveur. L’appel du 18 juin 1940 du général de Gaulle ne fut suivi d’effet que par quelques hommes ; 82 combattants de la Sierra Maestra avec Castro et Ernesto Che Gueverra changèrent en 1956 l’histoire de Cuba ; la marche triomphale de Mao Zedong en 1948 depuis Yenan dans le Shanxi changea celle de la Chine, pour ne citer que ces quelques exemples.

Mais pour changer le cours de l’histoire d’un pays, il faut des femmes et des hommes engagés, possédant une certaine hauteur de vue et de perception des enjeux. Toutes choses qui sont au dessus des contingences. D’où la nécessité de formation d’une véritable élite, éclairée et engagée, de laquelle peut émerger un leadership. Cependant, la formation d’une élite uniquement au plan scolaire – « l’école de l’homme Blanc » dénoncée par Cheick Anta Diop – n’est point suffisante ; encore faut-il que celle-ci débouche sur l’acquisition solide d’un savoir-faire. C’est-à-dire : un savoir + un faire qui donne au postulant, un Savoir-faire.

Mais la formation d’une élite digne de ce nom dont nous parlons ici revêt un aspect double : acquisition d’un savoir-faire à laquelle doit s’ajouter obligatoirement une formation spirituelle ; laquelle n’a rien à voir bien entendu avec les multiples religions qui constituent un des puissants instruments d’aliénation, de renoncement et d’acceptation des conditions d’asservissement des populations négro-africaines ! La formation spirituelle dont il est question est celle qui inculque à l’aspirant, au proto-élite, les valeurs morales qui font que l’humain soit différent de la bête ; qui forme et éveille son esprit – cette composante divine de notre Être – au dépassement de soi, en participant avec enthousiasme à la construction d’un monde meilleur pour tous.

Nous l’avons dit dans notre Communiqué rendu public en juin dernier : parce que patriotes camerounais, prêts au sacrifice fut-il suprême, pour qu’une ère nouvelle puisse advenir au Cameroun, nous serons toujours engagés au côté de tout ceux de nos compatriotes qui sont engagés dans la lutte pour l’avènement d’un Cameroun nouveau.

PETITION NATIONALE

(Lancée à Lolodorf le 12 Août 2015)

Considérant que la violation de la Constitution est un crime contre la Nation,Considérant que défendre la Constitution est par contre un Devoir et un Droit,
Et que quiconque s’oppose à ce Droit et à ce Devoir, se met ipso facto hors-la-loi,Et sera jugé par les Tribunaux d’un Cameroun Nouveau.Qui ne sera plus une caricature d’Etat de Droit,

Nous soussignés, Citoyennes et Citoyens Camerounais de plus de seize ans d’âge,Profondément indignés par le fait que M. Paul BIYA, Président de la République duCameroun, viole cyniquement la Constitution depuis vingt ans,

Notamment son Article N°66 relatif à la déclaration de ses biens et de ceux d’autres Mandataires gestionnaires des biens publics,

Sommons, par la présente Pétition Nationale, le Président BIYA de mettre fin à la Longue forfaiture, et l’exhortons à s’amender en se prononçant pour la sortie du Cameroun du Franc CFA et pour la création immédiate des Etats Unis d’Afrique Centrale comprenant le Cameroun, le Tchad, la Centrafrique et la Guinée Equatoriale.

Noms et Prénoms     CNI                             Contact            /Tel.              Mail Signatures

1 Ngouo WOUNGLY-MASSAGA Alias Cdt Kissamba passp.0157957 (237) 6 78 87 71 26 [email protected]

2 Djemba Jean-Pierre CI n°103667196                  06 25 04 44 94 [email protected]

3 MBOUMA KOHOMM Sayë (Richard) CI n°116383815        06 43 34 46 35

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