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A quand Le coup de pied dans la fourmilière?

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Les  dysfonctionnements observés dans la conduite des affaires  de  la  République, induisent des changements à  apporter  à  l’équipe  gouvernementale. Une assertion d’autant plus fondée que le Chef de l’Etat lui-même aura reconnu la sclérose caractérielle des membres du gouvernement. Et plus qu’une réalité, cela pourrait être considéré comme un postulat, eu égard à l’absence d’initiatives, au  laxisme  et  surtout  à  l’incompétence avérée de certains de nos ministres.

Aussi urge-t-il de donner littéralement un coup de pied dans la fourmilière en espérant que celui-ci viendra requinquer le gouvernement pour l’arrimer au mieux aux enjeux multiformes qui l’interpellent.  Dans cette optique, le choix des hommes devra nécessairement se départir des basses considérations qui, jusqu’ici, auront contribué à la cooptation de fait des membres du gouvernement au lieu de privilégier la promotion des compétences.

Or dans un tel registre, il est évident que l’efficacité gouvernementale s’en trouve altérée et compromette conséquemment la pleine réussite de nos différents programmes socioéconomiques et politiques. Plus grave, en maintenant  aux  affaires  une  équipe  par ailleurs abhorrée dans sa majorité, on court inexorablement le risque d’un enlisement dans la médiocrité du travail gouvernemental, non sans que cela déteigne par ailleurs sur  l’ensemble  des  secteurs  de  la  vie sociale, économique et politique du pays. Car, tenant plus à leurs strapontins ministériels qu’à l’impératif d’en améliorer les performances  globales,  les  tenants  des départements ministériels ou de ce qui en tient lieu, s’en tiennent à adresser des rapports tronqués au Chef de l’Etat.

Mais informé et surtout mal orienté, ce dernier est obligé de décupler sa clairvoyance pour éviter au pays de sombrer littéralement dans le chaos. C’est le cas effectivement de le penser eu égard à certaines réalités très éloignées de ce qu’il lui est très souvent rapporté. Suffisant pour comprendre la cacophonie existant au sein même de l’équipe gouvernementale où les membres en sont désormais aux affrontements directs, pourrait-on ainsi qualifier les différends qu’entretiennent certains de ceuxci entre-eux, mais aussi avec leurs proches collaborateurs.  Un  désordre  impensable sous d’autres cieux ou à défaut de démissionner pour incompatibilité on est obligé de se séparer de collaborateurs incompétents.  A moins de penser que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes, parlant de notre gouvernement, il y a lieu de penser enfin à une remobilisation du personnel  gouvernement  en  prenant  bien évidemment le soin de promouvoir, non plus  le  jeu  de  chaises  musicales  mais l’avènement d’hommes neufs habités par des défis permanents pour œuvrer au mieux pour  le  bien  général.  Car,  on  a  comme impression  que  ceux  aux  affaires  sont desservis par une sorte de fonctionnarisation inhibitrice à plus d’un titre.

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Et en la matière, notre pays dispose d’un énorme potentiel humain qui ne demande qu’à être exploité au mieux, pour se sortir du véritable marasme ambiant dans lequel l’aura plongé l’inertie gouvernementale depuis quelques années déjà. Une sortie d’autant plus urgente qu’on saurait penser obtenir du cru en conservant du vin dans de vielles outres du reste souillées, comme pourraient être assimilés certains membres dudit gouvernement. Fort de ce qui précède, il apparaît clairement  que  l’option  de  changement  des hommes s’impose par elle-même. Ce d’autant plus qu’on en saurait envisager améliorer les performances globales du gouvernement en entretenant ad vitam aeternam le statu quo. Car, ce serait simplement surfer dans la démagogie, tant il est constant qu’en l’état on ne peut rien attendre de neuf de quelqu’un qui aura déjà exploré tout son champ  d’initiatives,  quand  par  ailleurs celui-ci  existe.  Ce  qui  ne  semble  malheureusement pas le cas, ne serait-ce qu’à en juger par les récriminations du Chef de l’Etat lui-même. Du coup, les mauvaises langues en viennent à dire qu’il serait plutôt otage de ses ministres et assimilés. Si c’était effectivement le cas, alors on peut valablement  penser  que  l’autorité  de  l’état échappe à celui qui en est pourtant le garant.

Toutes choses qui expliqueraient dès lors que le pays s’enlise dans une sorte de navigation  à  vue.  Un  peu  comme  dans  un orchestre où il n’y aurait pas de partition mais plutôt un assemblage d’improvisations. Du coup l’auditeur ou le mélomane ne saurait attendre la moindre harmonie, cette éventualité étant viciée à l’essence. Comparaison faite pourtant, telle est l’image que revoie malheureusement notre gouvernement, chacun de ses membres s’en tenant plutôt à un one man show, au lieu de s’arrimer à la partition d’ensemble. Pire encore le chef d’orchestre semble dépourvu d’oreille musicale qui pourtant constitue en le cas d’espèce, l’étalon le mieux à même de lui instruire la correction des fausses notes. Et quand bien même quelque souffleur tapis dans l’ombre le lui signifie par des gestes révélateurs, il se mue plutôt en aveugle à défaut de ne rien comprendre auxdits signes.

Mais face à l’urgence et à l’impératif de sauver la prestation de l’orchestre quelque anarchiste peut toujours s’interposer en mettant un terme au spectacle désolant, en suspendant la fourniture d’énergie. Une allégorie qui rend parfaitement compte de la situation actuelle au Cameroun, tant il est fort probable que la cacophonie ambiante alimente des velléités successorales indues. Nous n’y sommes pas encore et ne voulons point y penser, pour peu que le Chef de l’Etat se ressaisisse et comprenne enfin qu’il faille donner un coup de pied dans la fourmilière pour se prémunir d’une cacophonie inextricable.

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