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6 questions que vous n’osez pas poser sur le Cameroun

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« Selon ses humeurs et selon les sujets rencontrés sur son chemin », Gaelle Tjat, journaliste, reporter et animatrice radio basée à Yaoundé, au Cameroun, publie régulièrement des billets sur son blog personnel « Amazing Tjat Bass ». Cette fois-ci, elle s´est « amusée » á répondre à 5 questions sur le Cameroun. Probablement que ses réponses ne feront pas l´unanimité dans ce pays où tout le monde est « sabitou* ». 

1. A part le président Biya, quelles sont les personnes les plus influentes/célèbres au Cameroun aujourd’hui ?

Même nous simples citoyens on se pose la question. Donc si vous trouvez leur trace, faites-le nous savoir. Mais il faut comprendre que le système camerounais a été conçu de manière à ne mettre en lumière qu’UN seul individu. Du moins, sur le plan politique. Difficile donc dans ce contexte de trouver des personnes influentes. Sur la durée. Les potentiels influenceurs se tiennent sagement à l’écart. L’épervier aura tôt fait de les envoyer dans les geôles. Nous ne parlerons donc pas de personnes influentes mais de personnes célèbres.

Pour la génération 80 (et moins) à laquelle j’appartiens. Dans cette catégorie, on peut ranger Samuel Eto’o et tous ceux dont l’écho vous parviennent sur vos terres. A défaut, sur Twitter, nous avons nos leaders établis par l’agence Dipman. Eux au moins changent les attitudes, bousculent les lignes et nous donnent envie de croire à un futur meilleur malgré les difficultés. Les « People » du classement en moins.

2. Existe-t-il une véritable tension entre les anglophones et les francophones ou bien c’est les autres qui en font tout un plat ?

Hum ! A mon humble avis, en tant que citoyens d’une même terre, Anglophones et francophones cohabitent pacifiquement sur toute l’étendue du triangle national. Cependant, le problème se pose lorsque l’on parle d’intégration et d’unité nationale.  Il convient alors de relever ici la « marginalisation » (avec raison) dont sont victimes les ressortissants du « southern Cameroon ». Des réclamations soulevées avec force et conviction par des partis comme le Southern Cameroon National Council (SCNC) qui  réclame la sécession.

Si vous faites un tour dans les parties dites « anglophone » et francophone, le contraste est assez saisissant. En positif je dirai pour les anglophones. Dans les infrastructures et la discipline. Malheureusement, ces actes ne sont pas reconnus sur le plan national. On compte d’ailleurs sur le bout d’une main, les membres de la mangeoire ressortissants de cette zone. Il serait temps de rétablir l’équilibre. Cet article et celui-ci apportent plus de lumières sur la question.

3. Dans la vie courante, parlez-vous anglais ? Français ou les deux ?

L’État du Cameroun est bilingue. Ses citoyens sont quant à eux soit francophones, soit anglophones. Rarement les 02. Nous ne faisons que copier l’exemple de notre chef d’État qui a prononcé le discours d’ouverture des assises du Commonwealth en français. Le seul moment où le bilinguisme est mis en exergue c’est dans la pratique du « pidjin« , un mélange de français, anglais, portugais, espagnol né sur les côtes pour faciliter le commerce entre les acheteurs et vendeurs d’esclaves. Ou du « camfranglais » l’argot créé par le camerounais pour se donner bonne conscience.

4. Les plus belles heures du pays ou les plus grands moments de fierté pour le Cameroun et inversement les moments de tristesse ?

La jeunesse consciente actuelle se bat pour le devoir de mémoire des héros oubliés. Nos moments de fierté sont donc essentiellement sportifs. Ils se sont écrits avec les Lions Indomptables. : Les quarts de finale atteints au mondial italien en 1990, les victoires aux éditions 2000 de la CAN et des jeux olympiques, la victoire à la CAN 2002;la brillante prestation à la coupe des confédérations en 2003 et les médailles olympiques de Françoise Mbango aux JO de 2004 et 2008. Les moments de liesse étant instantanés, aucune pérennité n’a été assurée pour ces différents projets. Ils sont donc dans les recoins de la mémoire collective. Attendant peut-être la réception des CAN 2016 et 2019.

Concernant les moments de tristesse, je citerai les 1700 victimes et plus de la catastrophe du Lac Nyos survenue le 21 août 1986, les 250 citoyens camerounais et plus ayant perdus la vie à Nsam le 14 février 1998 en pensant l’améliorer après l’explosion de 02 wagons – citernes de la SCDP et le décès en mondovision de Marc Vivien Foé.

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5. Que faut-il savoir sur Boko Haram au Cameroun ?

Au début il y avait les rebelles nigérians. Ils enlevaient les prélats, les chinois et les jeunes filles. Les prélats et les chinois ont depuis été relâchés contre de nombreux milliards de Biya CFA. Les jeunes filles sont toujours retenues captives quelques part. Au Nigéria.

Au Cameroun, depuis un moment, il y a les oubliés/aigris du régime accusés de pactiser avec l’ennemi (réel ou fictif). Ces accusations donnent lieu à des arrestations arbitraires et des fouilles inopinées des résidences des présumés complices. Difficile donc dans ce contexte d’extraire un fil conducteur à même d’éclairer la lanterne du lecteur sur ce problème pourtant majeur dans la sous-région Afrique centrale.

6.   Pourquoi Serena Williams a-t-elle portée un maillot du Cameroun ?

Un jour de finale à Rolland Garros, la go a emballé son « matériel » dans le vert-rouge-jaune ! Les « sabitou » lui ont prêté des liaisons avec quelques lions. C’est là que j’ai eu la vraie opinion des citoyens camerounais sur leurs lions. Mboma a l’argent pour gérer une fille comme ca ? » ; « Ndiefi est trop laid pour qu’elle accepte son bonjour »; « Elle a dit a Eto’o qu’il est trop jeune pour elle »…La presse s’en est prise à cœur joie.

Et pourtant l’explication est toute simple : Le Cameroun était INDOMPTABLE au début de la décennie 2000. Ils avaient innové avec les maillots sans manche majoritairement utilisés sur les courts de tennis. Séréna avait besoin d’un uniforme pour la quinzaine parisienne. Lorsque PUMA, alors sponsor des Lions et de Séréna lui fait la proposition, elle a du mal à la décliner ce d’autant plus qu’à l’époque, ils partageaient : le FIGHTING SPIRIT. L’histoire s’arrête là.

Et puis, un peu de buzz n’a jamais tué quiconque.

Voilà. J’espère avoir satisfait votre curiosité et vous avoir donné envie d’en savoir un peu plus sur mon beau pays le Cameroun.

Shalom!

*Matériel : Camerounisme désignant les généreuses courbes féminines

*Sabitou : Camerounisme employé pour désigner un intellectuel aux connaissances douteuses.

L`auteure

Bonjour et bienvenue sur ma plate forme.

Je me présente à vous. Tjat Bass. Journaliste. Passionnée ET Formée.

A l’école forcément mais pas à la GRANDE école d’ici. Juste aux GRANDES ECOLES d’ailleurs. RFI, BBC.

Aux petites écoles d’ici : Faculté des Lettres et Sciences Humaines de l’Université de Douala.

Et aux GRANDES EXPÉRIENCES (francophonie) pour ne citer que celles-là. Je côtoie le métier depuis depuis 7 ans.

J’ai été tout à tour:

– Animatrice radio à RTM (2007 – 2009)

– Journaliste et chroniqueuse à Canal2 International (2007 – 2010)

– Correspondante pays du portail www.ann24.com (2008 – 2009)

– Journaliste/Reporter/Animatrice radio/Community Manager pour le magazine InMag (2011 – 2012)

– Journaliste/Reporter pour le Magazine Bébé et moi (depuis 2008)

– Journaliste/Reporter et animatrice radio du projet 100% jeune Cameroun pour lequel j’ai signé les interviews des plus grandes stars entre 2007 et 2012 (Sean Paul, Fally Ipupa, Charlotte Dipanda, Mathematik de Petit Pays, Hugo Nyamè,…). Tout est consigné dans les magazines de cette période.

Je suis major de la promo 2006 du programme Jeune ADOMOUV avec le prix spécial de meilleure animatrice (2007)

Vainqueur 2012 du prix national et régionel FREJES, dans la catégorie « meilleure émission radio » (2012)

Prix Yvan Amar Cameroun, Octobre 2013.

J’aspire à plus encore avec cet espace. Raison pour laquelle je « ne » suis « que » Observateur de France 24

Je suis par ailleurs observateur et défenseur des droits de l’Homme.

Mon blog est constitué d’articles, de reportages, de chroniques, …de tous les styles journalistiques en fait. Selon les humeurs et selon les sujets rencontrés sur mon chemin.
J’aime les compliments. Comme tout le monde certainement. Cependant, je préfère les critiques. Elles me permettent d’avancer.
Ne vous y trompez pas, je distingue aisément les critiques constructives des autres.

© blog Amazing Tjat Bass : Tjat Bass

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