Arts'Plastiques

La 5e Rencontre d’arts visuels de Yaoundé sous le signe des contemporalités

L’édition 2016 dudit festival, tenue du 25 au 31 juillet, a réuni une trentaine d’artistes camerounais et étrangers venus partager leurs réflexions sur le liant contemporain-temps dans la société actuelle. La 5ème édition des Rencontres d’arts visuels de Yaoundé (RAVY) s’est tenue du 25 au 31 juillet à Yaoundé au Cameroun, sous la thématique Contemporalités. Les commissaires Olivier Fokoua et Landry Mbassi ont invité une trentaine d’artistes camerounais et étrangers à partager leurs réflexions sur le liant contemporain-temps dans la société actuelle. La biennale des RAVY, à dimension internationale, a été créé par «Les Palettes du Kamer», un collectif d’artistes de Yaoundé, dont l’objectif est de créer une plateforme d’échange, de recherche et de valorisation de tous les aspects des arts visuels au Cameroun.

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Pour cette édition, 32 artistes et commissaires étaient conviés et sept lieux de la capitale camerounaise mobilisés. Avec au programme non moins que 12 performances dont quatre dans l’espace public. Ainsi dans les rues de Mvog Ada et sur l’avenue Kennedy, Jelili Atiku et Christian Etongo, habitué des RAVY, jouent notamment sur les référents de la société camerounaise. Le premier critique avec humour l’existence du monument dédié à J.F.Kennedy alors qu’il pourrait être érigé à l’honneur d’un héros national. Le second dans une procession rappelant Jésus-Christ, interroge la place de la religion dans une société où la population cherche du réconfort en se tournant communément vers les églises. Dans les mêmes rues, le danseur et passionné de street-art, Snake présente deux performances en plusieurs tableaux sur la jeunesse au Cameroun, la condition de l’artiste et la place de la culture dans la société camerounaise.

Performance toujours mais cette fois au Musée de la Blackitude, espace de valorisation de l’art et l’artisanat africain, le jeune artiste Ives Lionel Embappé, propose une réflexion autour du temps comme notion et comme élément du contexte. Aujourd’hui, nous courrons tous après le temps, mais qu’est-ce que le temps ? Sous forme de conférence sur l’art contemporain d’abord puis de rituels, l’artiste aborde la question à travers l’Histoire de l’art et plus généralement de l’humanité.

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Direction l’espace OTHNI, où avec «Entre traits couleurs et sonorités», Abdias Ngateu explore l’environnement urbain de la ville de Douala. Composée de fils, cédéroms, matériaux de récupération, son installation est empreinte des réalités visuelles et sonores de la ville de Douala sous l’angle de l’anarchie. Des pancartes des boutiques, des fils qui s’entremêlent comme les routes, et des voix captées dans les rues de la ville. Un regard sur cette mégalopole africaine qui n’arrive pas à contenir sa croissance. Communément dédié à la vente de voiture de luxe, l’espace KIA Motors s’est lui aussi transformé en galerie d’art avec une exposition collective. Joseph Francis Sumegne, y accueille le public avec Notable 1, une sculpture composée de matériaux de récupération représentant à taille réelle un notable. Grâce aux grandes baies vitrées, passants et curieux sont interpellés, initiant un dialogue entre l’espace et la rue. A ses côtés, le public naviguait entre les installations de Jean-Pierre Bekolo et Manuella Lalic, les sculptures de Antanasius et Manfust, les photographies de Tito Valery, Victor Ndende, et Dominique Breche) et les peintures de Jean David Nkot, Boris Nzébo et Tracy Nzante Spee.

En marge des expositions, deux formations ont été proposés, animées par l’artiste Canadien Richard Martel sur la performance et l’artiste Allemande Ursula Meyer sur le street art. Des conférences avec Jean-Pierre Bekolo, Christine Eyene, Bonaventure Soh Bejeng Ndikung et Joseph Owona Ntsama ont appelé le public à réfléchir sur l’industrie culturelle au Cameroun, les arts visuels ou encore le cinéma. En cinq éditions, les RAVY sont devenues une vitrine des arts visuels, avec une augmentation du nombre d’artistes invités et la multiplication des partenaires. Quant au public il était, pour les expositions en intérieur essentiellement composé d’artistes, de journalistes et de quelques curieux. Tandis que les performances dans la rue ont véritablement rassemblé des foules non forcément au fait de la présence des rencontres d’arts visuels.

Mais les grands absents du festival restent les étudiants notamment des institutions d’art, histoire de l’art, Beaux-arts, graphisme, cinéma, photo, etc, dont le pays est pourtant de plus en plus doté. À qui s’adresse le festival ? Question récurrente posée aux commissaires. Peut-on parler de public de la culture au Cameroun, ou doit-on d’abord se concentrer sur la multiplication et la pérennisation d’initiatives ? « Le but est avant tout d’exister » répond Olivier Fokoua. Comment exister auprès des jeunes et avec quel rapport aux institutions culturelles publiques ? Telles sont des questions peu soulevées durant cette édition. Mais les RAVY continuent de creuser leur sillon pour s’imposer sur la scène internationale de l’art contemporain.

Sources : Journal du Cameroun.com

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