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18000 conteneurs abandonnés au port de Douala

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Les ventes aux enchères sont en cours tandis que 1300 conteneurs ont été transférés au port sec. 18.000 conteneurs équivalant vingt pieds sont en attente d’enlèvement au parc du Terminal à conteneurs au Port autonome de Douala. De quoi créer un gros embouteillage industriel sur un espace aménagé pour n’en contenir que 14.000.

Cette saturation du parc dure depuis plusieurs mois. Les opérateurs économiques n’en pouvaient plus. Tout comme Douala International Terminal, le concessionnaire du parc, qui a lancé à la date du 20 avril 2015, une opération de dés-engorgement. Au 29 avril 2015, 50 conteneurs avaient déjà été vendus aux enchères, alors que 750 autres étaient déjà positionnés pour les ventes. « Beaucoup de personnes se manifestent pour les ventes aux enchères amis nous procédons avec une extrême minutie pour garantir la transparence des opérations », confie au Jour un responsable de Dit impliqué dans le processus d’enlèvement des conteneurs.

Selon les derniers pointages au Pad, 1300 conteneurs ont par ailleurs été transférés au port sec, pour accélérer et consolider la libération des espaces au parc. Avec un tel chiffre, il reste encore 16700 conteneurs en attente, soit 2700 conteneurs au-dessus du seuil de tolérance. Mais les autorités portuaires se frottent déjà les mains. En effet, depuis une semaine, le nombre de porte-conteneurs mouillant à la bouée de base au large de Douala est passé de 16 à 9. Au même moment où les espaces se créent à la bouée de base, le temps de passage des navires aux quais du Port de Douala est passé de 19 à 12 jours à l’export. Ce temps de passage va diminuer davantage, avec l’accélération des ventes aux enchères. Un responsable portuaire assure par ailleurs que la rapidité des mouvements des navires à l’export est « porteuse de croissance », en raison de son incidence positive sur la balance commerciale.

Hier matin, un responsable de Dit a indiqué que malgré l’espoir qui revient avec les ventes aux enchères et les transferts vers le port sec, il faut tout faire pour pérenniser le processus de désengorgement. Pour ce faire, dit-il, les opérateurs économiques concernés doivent tout faire pour enlever leurs conteneurs dans les délais réglementaires. Il note le fait que, si rien n’est fait pour maintenir un rythme accru des enlèvements observés ces derniers jours, le port sec sera lui aussi saturé bientôt. Si un tel scénario se roduit, le parc à conteneurs restera saturé, et la bouée de base deviendrait de nouveau un espace d’attente permanente. Aujourd’hui, les temps de passage de 11 jours francs à l’import et 7 jours francs à l’export sont battus en brèche par l’incivisme généralisé.

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Tracasseries

Les opérateurs économiques, objets de toutes les critiques, pointent un doigt accusateur sur l’administration douanière et une chaîne de corruption et de tracasserie organisée par diverses composantes de l’administration. En effet, à ce jour, le coût moyen d’enlèvement d’un conteneur de 20 pieds est de 7,5 millions de francs Cfa, contre 15 millions de francs Cfa pour les conteneurs de 40 pieds. Sur les documents de dédouanement et d’enlèvement des conteneurs, l’on retrouve une vingtaines de cachets, constituant tous des points de « péage ». Au même moment, l’on dénombre au tota 12 points de contrôles, « tous tracassiers », pour sortir un conteneur du Port de Douala.

« C’est inadmissible », commente un importateur qui se demande comment l’administration qui a érigé des postes de corruption partout parle en premier des problèmes d’engorgement. A titre d’illustration, le ministre des Transports en visite à Douala a fait le tour du port, mais n’a dit aucun mot sur les contrôles intempestifs et les arnaques organisées au préjudice des opérateurs économiques. Au juste s’est-il contenté de constater que le processus de désengorgement est en marche.

A Dit, l’on affirme que l’objectif immédiat est de libérer les espaces de manière à rester au maximum à 14.000 conteneurs équivalents vingt pieds. Pour cela, le concessionnaire veut vendre le maximum de « colis abandonnés », mais en plus inciter les opérateurs économiques à venir payer pour enlever leurs conteneurs au risque de les perdre au profit des tiers. Dit y a tout intérêt, étant donné qu’il veut booster ses capacités opérationnelles sur les quais, avec en plus des deux portiques en place, la commande d’un troisième portique qui devrait être livré d’ici 16 mois. « C’est un portique sur mesure qui est en fabrication en ce moment », précise l’une de nos sources. Si les espaces ne se libèrent pas, si le parc reste saturé, le troisième portique ne servirait à rien.

Denis Nkwebo

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