Features

150 000 nouvelles personnes s’installent chaque année à Douala

Elles sont confrontées à l’épineux problème d’un logement décent. D’après la communauté urbaine de Douala, environ 150 000 personnes entrent chaque année dans la capitale économique.Une véritable pression pour une ville réputée pour sa facilité à la débrouillardise, où se loger devient plus qu’un besoin vital. Mais un logement décent dans la ville de Douala n’est pas toujours à la portée du Camerounais moyen.

Il faut donc débourser un montant de 175 000 FCFA/mois, pour un appartement de 03 pièces. Faute de moyens financiers suffisants, on se loge comme on peut. Douala, où les 3/4 de la ville sont constitués de terrains marécageux aux sols instables, parce que hydromorphes, avec un climat équatorial dont la pluviométrie est aggravée par l’ouverture à l’océan atlantique et la proximité du Mont-Cameroun (qui culmine à environ 4 095 mètres). A Douala, on ne compte plus le nombre d’habitats détruits au nom de l’assainissement de la ville. Des milliers de familles se sont retrouvées dans la rue sans être indemnisées. Les habitants de quartiers pauvres (bidonvilles) comme Maképè Missoké, Pk 14, Nganguè à New-Bell, Bépanda voirie et bien d’autres encore, vivent sous le spectre de la peur d’être déguerpis.

douala-akwa

Comment de tels endroits se retrouvent-ils habités? « La nature a horreur du vide », répond Gilbert, un habitant du quartier Maképé Missoké. Malgré le fait que sa maison, construite en matériaux provisoires, est marquée d’une croix de St André, il ne semble pas inquiet. Cela signifie qu’il doit partir et il le sait. « Cela fait plus d’un an que ma maison est désignée à démolir, et depuis lors, je m’apprête à libérer le lieu », confie-t-il. Il dit avoir déjà commencé à faire ses valises. L’histoire de cet habitant est celle de la plupart de ses voisins et remonte aux années 1970. C’est celle d’une bande de frères provenant du même village (de Dschang, dans la région de l’Ouest), venus chercher du travail dans la capitale économique. A cette époque-là, ils avaient acheté le lopin de terre sur lequel sont construites leurs maisons à un prix dérisoire (200 FCFA/m2), et ils s’y sont tous établis. « Déjà à l’époque, nous savions que c’était des marécages, mais nous n’avions pas les moyens d’aller vivre ailleurs », relate-il.

Nous suivre ►► Facebook   Twitter   Instagram   Youtube 

Avant d’ajouter : « à chaque saison des pluies, nous essayions de nous battre comme nous pouvions. Nous voulions bien vivre ailleurs, mais avec quels moyens? ». Plus de trente ans après, la bataille contre la nature n’est toujours pas terminée.

Car, à la moindre pluie, tout le quartier est inondé. Aujourd’hui, cet habitant du quartier Makepe-Missoke semble résolu à plier bagages. Dans la zone, ils sont nombreux qui ont pratiquement la même histoire que celle de Gilbert et ses frères. Ils y ont certes acquis des terres, mais ils ne possèdent pas de titre foncier, apprend-on. Contrairement à ses voisins, Gilbert préfère partir avant l’arrivée des bulldozers. Il n’attend aucune indemnisation. « Indemniser ? Qui le fera ? S’ils le font, je viendrai prendre ma part », lance-il, un brin ironique. Ils sont plus de 20 personnes dans cette concession.

La plupart, exerce dans le secteur informel. Ce sont des commerçants. Selon Cities Alliance (une ONG mondiale pour la réduction de la pauvreté urbaine et la promotion du rôle des villes dans le développement durable), plus d’un milliard de personnes dans le monde vivent dans les bidonvilles. L’ONG explique ce phénomène par l’urbanisation rapide des villes du fait des migrations et de l’accroissement naturel de la population. Plus de la moitié de la population mondiale habite actuellement en villes, et 90% de la croissance urbaine intervient dans les pays en développement, apprend-on. Un citadin sur trois vit dans un bidonville dans le monde. Le bidonville désigne, apprend-on, un quartier d’une ville qui s’est bâtie spontanément, et où les logements ne répondent pas à des normes acceptables, où les conditions de vies sont sordides et misérables. C’est le cas de Makèpè Missokè, Nganguè, Bépanda voirie, Etam Bafia à Yaoundé, etc.

237online

Populaires cette semaine

To Top