Culture'Urbaine

Élection a la SOCAM : Sam Mbende donne son avis très épicé dans une interview

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Le président du Conseil d’administration de la Cameroon music corporation (Cmc) réagit à la dernière actualité du droit d’auteurs à la Socam. Il revient sur leur cohabitation difficile, et son impact et des possibles moyens de sortie de cette crise qui ne profite finalement pas aux artistes musiciens.

La Socam a tenu une Assemblée générale élective que certains ont qualifiée d’illégale le 2 novembre 2013. Au cours de celle-ci, Ndédi Eyango a été élu comme nouveau Pca. Une réaction?

Je préfère garder mes sentiments peur moi, étant donné que je suis président du conseil d’administration de la Cameroon music corporation (Cmc) et que je ne suis pas membre de la Socam. Les membres se sont prononcés donc, je préfère franchement garder le silence face à leur décision.

On constate que malgré les Ordonnances de la Cour suprême en votre faveur, la Socam continue d’exister même sans agrément. Est-ce que pour le bien des artistes, une fusion Cmc/Socam ne serait pas envisageable?

Pour le bien des artistes, la Cameroon music corporation a toujours été là pour tendre la main de la tolérance et de la patience. Je pense que vous avez raison de dire que l’intérêt des artistes doit être en réalité un leitmotiv pour nous. Sur ce point, la Cmc est prête. Mais vous savez que dans toute réconciliation, la vérité, l’étique et la justice doivent primer. Pour cela, nous sommes ouverts pour réfléchir à ce que les artistes avancent désormais en rangs serrés. Pour être plus clair, nous sommes dans un Etat de droit. Lorsque vous avez une Ordonnance qui n’est pas exécutée par la personne qui est censée l’exécuter, ça pose un problème. Au-delà de ce problème, nous savons tous que la Socam a été créée de manière illégale. On ne peut pas l’occulter, c’est la vérité. Comment faire donc pour rattraper tout cela? Donc, je dis éthique, vérité et justice pour une bonne réconciliation. Mais réconciliation avec qui? Avec soi-même. Les artistes camerounais doivent accepter leurs torts et les réparer eux-mêmes.

A vous entendre, vous n’êtes pas partant pour une fusion mais plutôt pour la création d’une autre société de droit d’auteur…

Peu importe! Du moment où c’est ce que la majorité des artistes-membres souhaitent. Je ne suis que président du Conseil d’administration. Si les membres du Conseil d’administration de la Cmc décident et admettent qu’il faut dissoudre notre société ou accepter une fusion avec une société quelconque, je suis obligé de l’accepter et de le faire parce que je ne suis pas le patron, c’est l’Assemblée générale qui est au-dessus. Si les artistes camerounais dans leur ensemble au cours des Etats généraux de la musique camerounaise, décident aujourd’hui ou demain, de créer une nouvelle entité, je suis obligé de les suivre parce que c’est eux qui nous ont donnés le pouvoir, donc peuvent nous le retirer, Qui peut le moins peut le plus.

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En tant qu’artiste, seriez-vous prêt à accepter une main tendue de Ndédi Eyango?

Forcément. Je l’accepterai pour plusieurs raisons. D’abord parce que Ndédi Eyango est un artiste émérite. Peut-être les gens ne le savent pas, nous sommes des amis. Quand je vais aux Etats-Unis, c’est Ndédi qui me prend dans sa voiture pour faire des courses, même si je dormais chez Rosy Bush. Nous formons une famille, nous sommes des amis. Troisièmement, c’est un aîné. Même par respect pour lui, je dois M’asseoir, l’écouter et lui dire ce que je pense. Donc ceux qui attendent un clash entre Sam Mbende et Ndédi Eyango perdent leur temps. S’il me tend la main, je l’accepterai. J’ai tendu la main à Mme Ngaska qui n’a pas su saisir cette occasion. Peut-être que si elle l’avait accepté, nous n’en serions pas là aujourd’hui. Je ne suis plus candidat à rien. Etant donné que j’ai fait mes deux mandats et la Cmc. Je reste un président sortant de transition parce qu’il y a des actions pendantes en justice. Aussi longtemps que ces actions seront là, il faudra que je les mène jusqu’au bout, c’est pourquoi je suis encore là. Je le répète. Si on m’appelle autour d’une table pour aller parler des intérêts généraux et non égoïstes des artistes, je serai là. Je ne prendrai pas part à quelque conseil d’administration que ce soit ou à l’exécutif, je pourrai leur apporter mon expertise dans les recouvrements ou l’interprétation des textes. Pour le reste, j’ai déjà été Pca et il faut donner la chance à une autre génération et à de nouvelles personnes.

Votre confrère Ottou Marcelin lors de son passage à Douala récemment pour manifester son soutien à Ndédi Eyango, déclarait qu’il n’y a pas de problème de droit d’auteurs au Cameroun mais plutôt des problèmes avec les artistes eux-mêmes. C’est aussi votre position?

Je pense qu’il a raison. En commençant par lui-même puisqu’il est artiste. Je pense qu’il comprendra maintenant qu’il est aux affaires, que ce n’est pas facile. La critique est très aisée mais l’art est difficile. Maintenant qu’il sera au feu de l’action, il saura que ce sont les artistes qui créent les problèmes. Je suis content qu’il l’ait compris enfin. Il n’est jamais trop tard. S’il l’avait compris depuis, je pense, qu’en 2008, il aurait une position différente vis-à-vis de la mienne. Je ne l’ai pas trop entendu parler des problèmes de la Socam. On l’a par contre entendu trop parler de la Cmc. Pourtant, la Socam est un vrai gouffre. Comme c’est une continuité, il aura l’occasion de dresser un état des lieux et nous dire ce qui s’est réelle¬ment passé.

Le Messager

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